Sur un plan d’eau fréquenté, un jet boat se repère immédiatement : accélérations fulgurantes, virages à plat et arrière de coque étonnamment « propre ». Pas d’arbre, pas de pale qui dépasse, aucune hélice externe en vue. Ce choix technique n’est pas un simple effet de style. Il conditionne la sécurité autour du bateau, la façon dont vous naviguez en eau peu profonde et même le type d’activités nautiques que vous pouvez proposer à bord. Comprendre pourquoi le jet boat s’affranchit de l’hélice apparente permet de mieux choisir entre propulsion à jet et moteur hors-bord traditionnel, que ce soit pour le tourisme, les excursions extrêmes ou la plaisance familiale.

Principe du jet boat : fonctionnement de la turbine d’eau versus hélice marine classique

Jet propulsion : aspiration, compression et refoulement de l’eau dans une pompe à turbine

Un jet boat fonctionne sur le principe de la propulsion par jet, très proche de ce que vous trouvez sur une motomarine. Au lieu d’une hélice externe, l’eau est aspirée sous la coque par une prise d’eau, accélérée par une pompe à turbine, puis expulsée à grande vitesse par une buse située à l’arrière. Le moteur in-board entraîne directement cette pompe, généralement via un arbre de transmission très court et parfaitement aligné. Le flux d’eau ainsi généré crée la poussée qui fait avancer le bateau.

Sur un moteur hors-bord ou un sterndrive classique, la poussée vient d’une hélice marine qui tourne dans l’eau libre, avec toutes les contraintes liées aux pales exposées. Dans un jet boat, toute la mécanique de propulsion est encapsulée. L’hydraulique interne de la pompe agit un peu comme une turbine d’avion : l’eau remplace l’air, mais la logique aspiration–compression–refoulement reste la même. C’est ce qui explique en partie l’accélération quasi instantanée que vous ressentez lorsque vous mettez les gaz.

Comparaison jet boat / hélice : poussée vectorielle, cavitation et rendement hydrodynamique

La grande différence entre jet boat et propulsion à hélice apparente tient à la manière dont la poussée est générée et orientée. Une hélice transforme le couple moteur en poussée axiale, mais reste limitée par la cavitation : lorsque la pression chute trop autour des pales, des bulles se forment et réduisent brutalement le rendement. À l’inverse, la pompe à jet fonctionne dans un conduit fermé, ce qui limite certains phénomènes de cavitation et permet de travailler à des régimes plus élevés.

En pratique, un bateau à hélice conserve souvent un meilleur rendement hydrodynamique à vitesse de croisière, ce qui se traduit par une consommation de carburant plus faible pour une même distance parcourue. Le jet boat, lui, excelle en poussée vectorielle : la buse oriente le jet d’eau pour diriger le bateau, offrant une maniabilité spectaculaire en virage serré et en manœuvre dynamique. Vous gagnez donc en agilité et en contrôle instantané, en échange d’une légère pénalité sur l’efficacité énergétique pure.

Rôle de la buse orientable (nozzle) HamiltonJet, mercury jet et yamaha dans la manœuvrabilité

La buse orientable, ou nozzle, est le « gouvernail » du jet boat. Des fabricants comme HamiltonJet, Mercury Jet ou Yamaha ont énormément investi dans ces systèmes. En tournant la buse, vous orientez la direction du jet d’eau, et donc la poussée. Résultat : le bateau pivote presque sur lui-même, en particulier à moyenne et haute vitesse. C’est cette architecture qui permet ces virages à plat spectaculaires et ces manœuvres d’évitement ultra rapides que vous voyez sur les vidéos de descente de rapides en Nouvelle-Zélande.

À basse vitesse, le comportement est plus subtil : puisque la direction dépend du flux de jet, il faut conserver un minimum de gaz pour garder de l’autorité sur le gouvernail hydraulique. D’où la fameuse sensation « d’absence de frein » quand vous coupez brutalement les gaz : vous perdez d’un coup la poussée qui sert à piloter le bateau. Les constructeurs ont progressivement ajouté des systèmes d’assistance, ailerons et réglages de buse pour améliorer cette manœuvrabilité lente, notamment sur les modèles destinés au tourisme et à la plaisance.

Différences de conception entre un jet boat in-board et un hors-bord à hélice apparente

Sur un jet boat, le moteur est in-board, installé à l’intérieur de la coque, couplé à la pompe à jet intégrée au fond du bateau. Rien ne dépasse sous la ligne de flottaison, hormis la prise d’eau, protégée par des grilles. À l’arrière, vous ne voyez qu’une ouverture de buse et, parfois, un godet inverseur relevé. Cette conception explique l’absence totale d’hélice externe et le tirant d’eau très faible qui caractérisent ces bateaux.

Un hors-bord à hélice apparente présente l’architecture inverse : le moteur complet est monté sur le tableau arrière, avec son embase, sa boîte de vitesses et son hélice exposée dans l’eau. L’avantage est clair en termes d’entretien et de polyvalence, mais la moindre marche arrière un peu appuyée met l’hélice au contact potentiel de galets, troncs ou fonds sablonneux. Dans une zone peu profonde, vous devez constamment surveiller la profondeur pour éviter d’endommager l’ensemble hélice–arbre–embase, alors qu’un jet boat tolère beaucoup mieux ce type d’environnement.

Architecture mécanique d’un jet boat : intégration interne de la transmission et de la propulsion

Implantation du moteur thermique ou hybride et arbre de transmission encapsulé

La configuration mécanique d’un jet boat repose sur un bloc moteur compact, thermique ou hybride, monté généralement au centre ou à l’arrière de la coque. Cette implantation centrale permet une meilleure répartition des masses, ce qui joue beaucoup sur la stabilité à haute vitesse et en virage. Le couple moteur est transmis à la turbine par un arbre de transmission encapsulé, logé dans un tunnel ou un carter protecteur qui évite toute prise avec l’eau extérieure.

Sur les modèles récents, le moteur peut être suralimenté (turbo ou compresseur) pour offrir une densité de puissance élevée dans un volume réduit. Des solutions hybrides commencent également à apparaître, notamment pour les excursions touristiques urbaines, afin de réduire le bruit et les émissions à basse vitesse. Quelle que soit la motorisation, la liaison moteur–pompe reste interne, sans arbre apparent ni embase pendante sous le bateau, ce qui est l’une des raisons principales de la suppression de l’hélice externe.

Carénage de la turbine et protection anti-débris : grilles d’aspiration, tunnel et carter

Pour fonctionner efficacement, une pompe à jet doit avaler un débit d’eau important. Cette aspiration crée un risque évident : graviers, branches, algues et débris flottants peuvent être happés par la prise d’eau. C’est pourquoi la zone d’aspiration est protégée par des grilles anti-débris très robustes, intégrées dans un tunnel profilé sous la coque. Le carénage de la turbine et du conduit de jet est étudié pour maintenir un flux régulier, tout en limitant les risques de blocage complet.

Ce type de carénage joue un rôle comparable à celui d’un filtre sur une pompe industrielle : il laisse passer l’eau à haut débit, mais arrête les gros objets susceptibles d’endommager la roue à aubes interne. En cas de colmatage partiel, vous ressentez une baisse immédiate de performances, ce qui doit vous alerter pour intervenir. Pour une utilisation régulière en rivière chargée en sédiments, l’entretien de cette zone d’aspiration devient un geste de routine incontournable.

Systèmes de direction et de marche arrière : godet inverseur, déflecteur et commande hydraulique

L’absence d’hélice externe implique aussi une approche différente pour la marche arrière. Sur un système classique, il suffit d’inverser le sens de rotation de l’hélice ou l’angle d’attaque des pales. Sur un jet boat, la solution est le godet inverseur : un déflecteur vient partiellement recouvrir la sortie de la buse pour renvoyer le jet vers l’avant, générant une poussée inverse. La finesse de ce basculement fait toute la différence dans les manœuvres de port.

Les commandes modernes utilisent le plus souvent des vérins hydrauliques ou électro-hydrauliques, qui synchronisent l’angle de la buse et la position du godet inverseur avec la rotation de votre volant et la position du levier d’inversion. Sur certains modèles de tourisme intensif, ces commandes sont redondantes pour garantir la sécurité : même en cas de panne partielle, vous conservez un minimum de contrôle en marche avant ou arrière, ce qui est critique lors d’excursions en rapides ou en zones encombrées.

Matériaux utilisés : aluminium marin, inox 316L et composites sur les coques de jet boats

L’architecture interne du jet boat impose des contraintes mécaniques élevées : la pompe à jet tourne à très haut régime, et la coque doit supporter des charges dynamiques importantes en virage. Les chantiers utilisent donc majoritairement de l’aluminium marin pour les structures de coque soumises aux chocs (rivières, rapides), ou du composite renforcé (fibre de verre, parfois fibre de carbone) pour les modèles orientés plaisance rapide.

Les composants en contact direct avec l’eau, comme la turbine, certains axes et visserie, sont souvent en inox 316L, réputé pour sa résistance à la corrosion en eau de mer. Cette combinaison de matériaux limite le poids tout en offrant une excellente durabilité, à condition que vous respectiez un programme d’entretien adapté à votre zone de navigation (eau douce, eau saumâtre, mer). Le choix du matériau devient un critère déterminant si vous prévoyez des navigations intensives sur des rivières rocheuses ou dans des estuaires sableux.

Hydrodynamique et sécurité : pourquoi supprimer l’hélice externe sur un jet boat

Réduction des risques de coupure pour les baigneurs, plongeurs et sports tractés

L’un des arguments les plus forts en faveur du jet boat sans hélice externe reste la sécurité des personnes dans l’eau. Une hélice apparente, même à très basse vitesse, représente un risque de coupure grave pour les baigneurs, plongeurs et pratiquants de sports tractés. De nombreuses réglementations locales ont d’ailleurs renforcé les distances minimales entre les hélices et les zones de baignade, notamment sur les lacs alpins et les plages très fréquentées.

Avec un système de propulsion par jet, aucune pale métallique ne tourne à proximité immédiate des nageurs. La prise d’eau est située sous la coque et protégée par des grilles, tandis que le flux de sortie est projeté à l’arrière mais sans organe tranchant. Cette architecture rend possibles des activités comme le wakesurf « très proche du bateau » dans des conditions de sécurité accrues, à condition de respecter les règles de bon sens et les limitations de zones imposées par les autorités.

Navigations en eaux peu profondes : rivières, bancs de sable et zones rocheuses comme en ardèche ou en dordogne

Si vous naviguez souvent en eau peu profonde, la suppression de l’hélice extérieure change tout. Sur une rivière comme l’Ardèche ou la Dordogne, les bancs de sable, galets et variations de profondeur sont permanents. Un bateau à hélice nécessite une marge de sécurité importante sous la quille pour éviter les impacts. Un jet boat, avec son tirant d’eau minimal, peut se contenter de 20 à 30 centimètres dans certaines configurations, même si rester prudent est toujours indispensable.

Cette capacité à glisser sur des hauts-fonds élargit fortement les zones navigables. Vous accédez à des bras de rivière secondaires, des plages isolées et des criques normalement inaccessibles avec une propulsion à hélice apparente. C’est une des raisons majeures pour lesquelles les opérateurs d’excursions en rivière optent pour des flottes de jet boats lorsque la profondeur est irrégulière et que le risque de talonnage est élevé.

Limitation des chocs avec troncs, galets et épaves dans les rapides (exemple : jet boat sur la shotover river en Nouvelle-Zélande)

Les images emblématiques de jet boats dévalant la Shotover River en Nouvelle-Zélande illustrent parfaitement l’intérêt de supprimer l’hélice externe. Dans ces rapides étroits, les troncs flottants, galets affleurants et rochers immergés sont omniprésents. Une hélice exposée serait constamment menacée de choc, avec un risque de casse quasi permanent. Sur un jet boat, la coque vient d’abord au contact, souvent en glissant sur l’obstacle, tandis que la pompe reste protégée dans son tunnel.

Les opérateurs rapportent une réduction significative des incidents mécaniques liés aux impacts par rapport à des propulsions classiques dans ces environnements extrêmes. La conception intégrée limite également les risques de prendre un cordage, un filet ou une ligne de pêche dans l’hélice, un problème très courant sur les bateaux de croisière traditionnels. Vous gagnez en disponibilité opérationnelle et en sécurité, ce qui est déterminant lorsque le bateau transporte des passagers payants à longueur de journée.

Stabilité directionnelle et contrôle à haute vitesse sur lacs et fjords (lac d’annecy, lac léman, milford sound)

Sur des plans d’eau plus calmes comme le Lac d’Annecy, le Lac Léman ou les fjords comme Milford Sound, les atouts du jet boat se jouent plutôt sur la stabilité directionnelle et le contrôle à haute vitesse. Comme rien ne pend sous la coque, le flux d’eau reste très propre autour de celle-ci, ce qui favorise les glisses à grande vitesse et les virages à plat. La poussée vectorielle de la buse donne au pilote une sensation de rail, particulièrement appréciée lors des excursions touristiques rapides.

En revanche, cette même configuration peut rendre le comportement plus sensible aux variations de charge ou de répartition des passagers. Si vous prévoyez d’embarquer régulièrement un grand nombre de personnes, une attention particulière au centrage et au trim du bateau s’impose. Bien réglé, un jet boat propose un niveau de contrôle à haute vitesse difficile à égaler avec une propulsion à hélice traditionnelle, surtout lorsqu’il s’agit d’éviter un obstacle soudain ou de gérer une vague de croisement.

Performances des jet boats en tourisme et activités extrêmes

Jet boats de vitesse : accélération, virages à plat et freinage dynamique sur le rhône ou la seine

Sur des fleuves comme le Rhône ou la Seine, les jet boats de vitesse démontrent tout le potentiel de la propulsion à jet. L’accélération est fulgurante : certains modèles de 20 à 24 pieds passent de 0 à 50 km/h en quelques secondes. Ces performances sont rendues possibles par le couple immédiat du moteur et la capacité de la pompe à jet à transformer cette énergie en poussée quasi instantanée. En virage, la coque reste étonnamment à plat, ce qui renforce la sensation de « drift » contrôlé.

Le freinage dynamique est un autre atout marquant. En combinant réduction de gaz, orientation de la buse et descente progressive du godet inverseur, un pilote expérimenté peut quasiment arrêter le bateau sur place dans un panache d’eau spectaculaire. Cette manœuvre, très prisée des excursions à sensations, impose cependant une bonne formation : mal gérée, elle peut surprendre les passagers et déséquilibrer la répartition des charges à bord.

Excursions touristiques en jet boat : chute montmorency, dubaï marina, queenstown en Nouvelle-Zélande

Le modèle économique des excursions en jet boat s’est développé sur des sites emblématiques comme la Chute Montmorency près de Québec, Dubaï Marina ou Queenstown en Nouvelle-Zélande. Sur ces spots, la combinaison sécurité–spectacle est décisive. L’absence d’hélice externe réduit fortement les risques liés à la proximité des quais, des pontons et des nageurs, tout en autorisant des trajectoires serrées autour des obstacles naturels ou urbains.

Les opérateurs apprécient également la robustesse des systèmes à jet dans un cadre d’exploitation intensif : plusieurs rotations par jour, avec embarquement et débarquement rapides. Pour un projet d’excursion commerciale, le choix d’un jet boat sans hélice apparente facilite souvent les démarches auprès des autorités locales, notamment lorsqu’il s’agit d’obtenir des licences sur des zones partagées avec la baignade ou la navigation de plaisance traditionnelle.

Pratiques de wake, bouée tractée et ski nautique sans hélice apparente

Pour les sports nautiques tractés, l’absence d’hélice externe change radicalement la donne psychologique pour les pratiquants. Se savoir tiré derrière un bateau sans pales métalliques à quelques mètres des jambes rassure beaucoup, notamment pour les débutants en wakeboard, ski nautique ou bouée tractée. Le pilote bénéficie lui aussi d’un confort supplémentaire, en pouvant se concentrer davantage sur la trajectoire et la vitesse que sur la position exacte des riders par rapport à l’hélice.

En termes de sillage, un jet boat n’offre pas toujours la même vague qu’un in-board dédié au wakesurf, mais la tendance est à l’optimisation des carènes et des ballasts pour générer des vagues de plus en plus exploitables. Si votre priorité est la pratique polyvalente de sports tractés avec des enfants ou des groupes variés, la sécurité apportée par l’absence d’hélice externe reste un argument déterminant.

Gestion du bruit et consommation : réglage du régime moteur et optimisation de la pompe

Un reproche fréquent adressé aux jet boats concerne le bruit et la consommation. Les moteurs travaillent souvent à des régimes plus élevés que sur un bateau à hélice classique, ce qui génère un son plus aigu et, à puissance équivalente, une consommation généralement supérieure de 5 à 15 % selon les modèles et les conditions. Cependant, les progrès récents sur l’isolation phonique des compartiments moteurs et le dessin des pompes ont nettement amélioré la situation.

Pour limiter ces inconvénients, trois leviers sont à votre disposition : choisir une carène optimisée pour votre vitesse de croisière habituelle, régler soigneusement le régime moteur de croisière (souvent un « sweet spot » de rendement existe), et maintenir la pompe à jet en parfait état (turbine non érodée, jeux corrects, absence de débris). Une pompe fatiguée ou abîmée peut faire grimper la consommation de manière significative, alors qu’un simple reconditionnement redonne parfois 10 à 20 % de rendement.

Maintenance, fiabilité et contraintes techniques d’un jet boat sans hélice externe

Entretien de la pompe à jet : turbine, roulements, garnitures mécaniques et joints

Sans hélice à vérifier visuellement, l’entretien d’un jet boat se concentre sur la pompe à jet et son environnement mécanique. Les éléments critiques sont la turbine (ou roue à aubes), les roulements, les garnitures mécaniques et les joints d’étanchéité. Une usure excessive de la turbine augmente les jeux internes et diminue l’efficacité de la pompe, ce qui se traduit par une perte de vitesse de pointe et une hausse de la consommation.

Un programme d’entretien préventif sérieux prévoit des contrôles réguliers de ces composants, notamment après une saison intensive en rivière ou en eau chargée. Selon l’usage, une inspection annuelle par un professionnel spécialisé dans les systèmes à jet est fortement recommandée. Même si la fréquence des interventions est souvent moindre qu’avec une embase d’hors-bord, la technicité de certaines opérations impose une vraie expertise.

Gestion des corps étrangers : graviers, algues, sacs plastiques et procédures de dégagement

L’un des défis spécifiques du jet boat est la gestion des corps étrangers susceptibles d’obstruer la prise d’eau ou de se coincer dans la turbine. Graviers, algues, branches, mais aussi sacs plastiques et débris flottants urbains peuvent perturber le flux d’eau. Les symptômes sont assez caractéristiques : chute brutale de poussée, vibrations, bruit anormal. Si vous naviguez régulièrement en rivière ou en zone fortement végétalisée, ces incidents font partie du quotidien.

La plupart des constructeurs prévoient des trappes d’accès et des procédures de dégagement relativement simples. Dans certains cas, une marche arrière énergique et de courts coups de gaz permettent de libérer les débris coincés sur les grilles d’aspiration. Dans d’autres, un arrêt complet et une intervention manuelle par l’extérieur sont nécessaires. Apprendre ces procédures dès la prise en main du bateau est essentiel pour éviter d’endommager la pompe en insistant avec un flux partiellement obstrué.

Inspection de la coque et de l’aspiration après usage en eau douce et en eau de mer

Comme pour tout bateau, l’inspection régulière de la coque reste indispensable. Sur un jet boat, l’attention doit se porter en priorité sur la zone de prise d’eau, les grilles, le tunnel et le bord d’attaque de la coque. Après une sortie en rivière, vérifier qu’aucun galet ni branche n’est resté coincé dans les grilles est un réflexe à adopter systématiquement. En eau de mer, le rinçage à l’eau douce du circuit de refroidissement et de la zone arrière prolonge considérablement la durée de vie des composants métalliques.

De nombreuses flottes professionnelles ont constaté qu’un simple protocole d’inspection visuelle de cinq minutes après chaque sortie réduit drastiquement les incidents majeurs sur la pompe et la coque. Si vous utilisez votre jet boat à la fois en lac, en fleuve et en mer, adapter la fréquence des contrôles et des rinçages à chaque environnement est une manière très concrète de préserver la valeur de revente du bateau sur le marché de l’occasion.

Durée de vie des composants par rapport à un système à hélice traditionnelle

En termes de durée de vie, un système à jet bien entretenu rivalise généralement avec une propulsion à hélice traditionnelle, voire la dépasse dans certains environnements agressifs (rivières peu profondes, zones à épaves). L’absence d’arbre long et d’embase exposée réduit le nombre de pièces susceptibles de subir des chocs directs. Les statistiques de certaines flottes commerciales indiquent des durées d’exploitation de plus de 5 000 heures sur des pompes à jet de qualité, avec seulement des remises à niveau périodiques.

À l’inverse, dans un usage exclusivement en eau profonde et à vitesse de croisière modérée, un hors-bord moderne à hélice conserve l’avantage en termes de simplicité mécanique et de coût unitaire des pièces d’usure. Votre profil de navigation (rivière vs mer ouverte, tourisme intensif vs plaisance occasionnelle) doit donc guider l’analyse entre durée de vie théorique et coûts d’entretien cumulés sur plusieurs années.

Choisir entre jet boat et bateau à hélice : usages, réglementations et zones de navigation

Réglementations locales et zones de baignade : lacs alpins, littoral atlantique et méditerranée

Le choix entre un jet boat sans hélice externe et un bateau à hélice classique ne peut se faire sans tenir compte des réglementations locales. Sur certains lacs alpins, les autorités encadrent très strictement les puissances, les vitesses maximales et les zones de baignade. Un système à jet peut faciliter l’obtention d’autorisations pour des activités de loisirs proches des rives, précisément grâce à l’absence d’hélice apparente et au faible tirant d’eau.

Sur le littoral atlantique ou en Méditerranée, la donne est différente : grandes zones de navigation, longues distances, mer parfois formée. Dans ces contextes, la consommation et la tenue en mer à vitesse stabilisée prennent plus de poids dans le choix. Un bateau à hélice bien dimensionné reste alors une solution très compétitive, notamment pour les sorties pêche au large, la croisière côtière ou le transport de passagers entre ports et mouillages.

Analyse des besoins : sports nautiques, descente de rivière, pêche en eau peu profonde

Avant de trancher, une analyse honnête de vos besoins réels s’impose. Si votre programme type inclut beaucoup de sports nautiques tractés, des explorations de rivières peu profondes, des mises à l’eau fréquentes sur des cales sommaires et des demi-journées de balade avec des enfants, le jet boat présente un profil particulièrement adapté. Vous profitez de la sécurité sans hélice externe, de la maniabilité exceptionnelle et de la capacité à vous approcher des berges.

Si, au contraire, votre priorité est la croisière économique sur de longues distances, la pêche au large, ou un mouillage prolongé sur corps-mort en zone ventée, un bateau à hélice traditionnelle, qu’il soit hors-bord, in-board ou en-bord/hors-bord, garde des arguments solides : meilleur rendement énergétique, tenue de cap au pilote automatique souvent plus simple à gérer, réseau de maintenance plus dense sur certaines côtes.

Comparaison des coûts : prix d’achat, assurance, entretien et revente sur le marché de l’occasion

Sur le plan financier, le jet boat et le bateau à hélice se situent dans des gammes de prix proches à longueur et finition équivalentes, mais les structures de coûts diffèrent. Un jet boat peut être légèrement plus cher à l’achat si la pompe est de haute qualité ou si le moteur est très performant. En revanche, il économise potentiellement certains dégâts fréquents sur les hélices, embases et arbres de transmission, surtout en rivière ou sur des plans d’eau encombrés.

Les primes d’assurance peuvent aussi varier selon la zone de navigation et l’historique de sinistralité du type de propulsion dans votre région. Sur le marché de l’occasion, la revente d’un jet boat bien entretenu est souvent facilitée dans les régions de lacs et de rivières, alors que les zones de grande plaisance hauturière restent dominées par les bateaux à hélice. Penser à la valeur de revente dès l’achat initial permet de mieux arbitrer entre coût immédiat et coût total de possession sur 8 à 10 ans.

Études de cas : jet boats commerciaux pour excursion vs bateaux à hélice pour plaisance familiale

Deux scénarios illustrent bien les choix possibles. Dans le premier, un opérateur touristique veut lancer une activité de descente de rivière avec des passages en eau très peu profonde, des manœuvres spectaculaires et des arrêts fréquents près de zones de baignade. Un jet boat sans hélice externe s’impose presque naturellement : sécurité des passagers dans l’eau, robustesse face aux chocs, tirant d’eau minimal et image dynamique qui attire la clientèle.

Dans le second, une famille recherche un bateau pour des sorties mixtes en Méditerranée : mouillages abrités, balades côtières, un peu de pêche, parfois du ski nautique. Un bateau à hélice hors-bord moderne offre alors une solution économique, polyvalente et simple à entretenir, avec des réseaux de concessionnaires présents dans la plupart des ports. Si vous vous reconnaissez davantage dans ce second cas, l’absence d’hélice externe devient moins critique, et d’autres critères comme la consommation, l’autonomie et le confort en mer prennent logiquement le dessus au moment de signer le bon de commande.