À la barre d’un bateau, le volant est l’interface directe entre vous et le comportement de votre embarcation. C’est lui qui transmet chaque ordre de direction, dans le calme plat comme dans une mer formée. Le choix du matériau de ce volant influence non seulement le confort, mais aussi la précision de pilotage, la sécurité et le coût global d’exploitation. Longtemps dominé par l’inox, l’aluminium et le bois, le marché voit désormais les volants en thermoplastique s’imposer, notamment sur les vedettes, les semi-rigides et de nombreux voiliers de croisière. Pour un propriétaire attentif au rapport performance/prix, à la durabilité en milieu salin et au design de la timonerie, comprendre les atouts d’un volant de bateau en thermoplastique devient un véritable levier d’optimisation.
Comparatif matériaux : thermoplastique vs inox, aluminium et bois pour volant de bateau
Comparer un volant en thermoplastique marin avec un modèle en inox, aluminium ou bois revient à confronter quatre philosophies. L’inox 316L incarne la robustesse absolue et une esthétique très « yachting », au prix d’un poids plus élevé et d’un coût souvent 30 à 60 % supérieur. L’aluminium époxy offre une solution intermédiaire : léger, relativement abordable, mais plus sensible aux chocs et aux rayures profondes. Le bois (teck, acajou) séduit par son charme intemporel, mais exige un entretien régulier, surtout après plusieurs saisons d’exposition UV. Le volant en thermoplastique, lui, joue la carte de la polyvalence : léger, isolant, peu sensible à la corrosion, compatible avec les directions mécaniques ou hydrauliques, et très compétitif en série, ce qui explique sa généralisation sur une grande partie de la production industrielle actuelle.
Résistance mécanique et flexion : comportement d’un volant thermoplastique sous charge dynamique
Un volant de bateau subit des charges dynamiques répétées : coups de barre, efforts en manœuvre de port, chocs de houle sur la direction. Un thermoplastique technique correctement formulé (ABS renforcé, PP chargé ou PA6) affiche des résistances à la traction de l’ordre de 40 à 70 MPa et des modules de flexion proches de certains alliages d’aluminium moulé. La différence ne se joue donc pas uniquement sur la matière brute, mais sur la conception des rayons et de la jante. Des nervures internes, un dimensionnement précis des sections et un surmoulage autour d’un moyeu métallique garantissent un comportement maîtrisé même au-delà de 2 ou 3 fois le couple nominal de la direction. Pour un utilisateur, cela se traduit par un volant qui ne « tord » pas lorsqu’un effort brutal est appliqué, par exemple lors d’un embardée pour éviter un OFNI.
Poids et inertie : impact d’un volant en thermoplastique sur la maniabilité et la réactivité de la barre
La densité d’un thermoplastique oscille autour de 1,0 à 1,2, contre environ 2,7 pour l’aluminium et 7,9 pour l’inox. À diamètre équivalent, un volant en thermoplastique peut donc être 2 à 6 fois plus léger. Cette différence réduit l’inertie de la barre, surtout sur des postes de pilotage hauts ou avec rallonges de colonne. Concrètement, vous obtenez une réactivité de direction accrue : la roue accélère et s’arrête plus vite, ce qui améliore la précision en manœuvre serrée. Sur un semi-rigide rapide, ce faible moment d’inertie limite également les vibrations transmises à la main lorsque le bateau tape dans le clapot, point souvent sous-estimé mais très appréciable lors de longues navigations à régime soutenu.
Durabilité en environnement salin : corrosion, UV et vieillissement face à l’aluminium anodisé et à l’inox 316L
La corrosion est l’ennemi naturel des équipements de timonerie. Même un excellent inox 316L, s’il est mal entretenu, peut présenter des piqûres après plusieurs hivers. L’aluminium anodisé ou époxy nécessite, lui, une vigilance accrue en cas de rayures jusqu’au métal nu. Un volant de bateau en thermoplastique correctement stabilisé ne rouille pas, ne s’oxyde pas et ne subit aucun phénomène de corrosion galvanique. Le vieillissement se joue plutôt sur les UV et la chaleur : les formulations modernes avec additifs anti-UV et stabilisants HALS permettent de passer plus de 1 000 à 1 500 heures de tests de vieillissement accéléré sans fissuration ni perte significative de couleur, soit l’équivalent de nombreuses saisons en Méditerranée ou en Atlantique, à condition d’un minimum de rinçage à l’eau douce.
Confort de prise en main : conduction thermique, grip et ergonomie par rapport au bois verni et au métal nu
Le confort thermique et tactile constitue un argument souvent décisif. Un volant en inox poli peut devenir brûlant en été et glacial en hiver, surtout sur des postes extérieurs non couverts. Le bois verni offre un toucher chaleureux, mais devient glissant lorsque la jante est mouillée ou recouverte de crème solaire. Le thermoplastique, lui, est un excellent isolant thermique : la température de surface reste modérée, même après une exposition prolongée au soleil. Grâce au texturage de la surface (grain, stries, inserts soft-touch), le grip reste performant avec des mains mouillées, gantées ou grasses. Pour un plaisancier qui pilote plusieurs heures d’affilée, cette combinaison de confort thermique et d’adhérence réduit nettement la fatigue et les crispations sur la barre.
Propriétés techniques des volants de bateau en thermoplastique (ABS, polypropylène, polyamide, composites)
Derrière le terme générique « volant en plastique » se cache une vraie ingénierie des matériaux. Les fabricants combinent souvent plusieurs polymères, charges minérales ou fibres, et une architecture de jante optimisée pour atteindre la meilleure combinaison entre coût, robustesse et masse. Pour un acheteur exigeant, comprendre les grandes familles de thermoplastiques – ABS, PP, PA6, voire composites – aide à choisir un volant réellement adapté à l’usage : navigation côtière, hauturière, pêche intensive ou charter. Le comportement au vieillissement, la résistance chimique aux produits d’entretien nautiques et la tenue en température dépendent directement de ce choix de polymère et des additifs associés.
Choix du polymère : ABS marin, polypropylène chargé fibre de verre, polyamide PA6 pour applications intensives
L’ABS marin est largement utilisé pour les volants polyvalents. Il offre un bon compromis entre rigidité, résistance à l’impact et facilité de moulage, avec un coût raisonnable en production série. Le polypropylène (PP) chargé fibre de verre gagne du terrain pour les applications où la rigidité de la jante doit rester élevée tout en conservant un poids très contenu, notamment sur les semi-rigides rapides. Pour des directions soumises à des couples importants (vedettes in-board, bateaux de travail), certains fabricants se tournent vers le PA6 (polyamide) ou PA6.6, parfois renforcé, qui présente d’excellentes propriétés mécaniques, au prix d’une sensibilité plus marquée à l’absorption d’eau, gérée par un design adapté et des traitements spécifiques.
Résistance aux UV et aux agents chimiques : additifs anti-UV, stabilisants HALS et compatibilité avec produits d’entretien nautiques
Un volant de bateau est exposé à un cocktail de contraintes : rayonnement solaire, embruns salés, carburants, huiles, détergents. Pour y faire face, les thermoplastiques sont enrichis en additifs anti-UV et en stabilisants de type HALS (Hindered Amine Light Stabilizers), qui ralentissent la photo-oxydation des chaînes polymères. Les formulations marines sont en général testées avec des cycles de brouillard salin et d’exposition UV qui simulent plusieurs années d’utilisation. Côté entretien, les volants de qualité supportent sans problème les nettoyants classiques de pont, les shampoings bateau, voire certains solvants doux, à condition d’éviter les produits fortement alcalins ou les solvants agressifs type acétone, qui peuvent ternir la surface ou fragiliser localement la jante.
Comportement en température : tenue du thermoplastique au gel, aux canicules et à l’exposition prolongée au soleil
La plage de température de service d’un volant thermoplastique marin se situe typiquement entre -20 °C et +70 °C, voire au-delà pour certaines formulations techniques. En deçà, certains polymères deviennent plus cassants, d’où l’importance d’une sélection adaptée pour les bateaux hivernés en extérieur dans des régions froides. Au-delà de 60–70 °C, la jante peut se ramollir légèrement, mais sans déformation permanente si la conception tient compte de ces contraintes. Les tests de chaleur sèche, combinés aux essais UV, permettent de vérifier qu’après plusieurs cycles de canicule, la géométrie de la roue reste conforme et qu’aucune fissuration de surface n’apparaît, même au niveau des rayons où se concentrent les contraintes.
Rigidité de la jante et déformation : optimisation de l’épaisseur de paroi et nervures internes
La performance d’un volant en thermoplastique se joue beaucoup à l’intérieur, dans ce qui n’est pas visible à l’œil nu. Des nervures internes bien placées, une épaisseur de paroi homogène et un raccordement progressif entre jante et rayons permettent de maîtriser les déformations sous couple. L’objectif est double : assez de rigidité pour une direction précise et un « retour d’effort » lisible, mais aussi une légère capacité de flexion pour absorber les chocs et protéger la colonne. Cet équilibre se conçoit souvent par simulation numérique (éléments finis) puis par essais en laboratoire, avec des charges reproduisant les couples maximaux recommandés par les fabricants de directions hydrauliques ou mécaniques.
Normes et certifications : conformité ISO 8848, ISO 10592 et exigences CE pour systèmes de direction
Comme tout composant de direction, un volant de bateau doit répondre à des exigences réglementaires strictes. La norme ISO 8848 définit notamment les dimensions des cônes d’arbre et les caractéristiques de montage pour assurer l’interchangeabilité entre volants et colonnes. La norme ISO 10592 traite, elle, des systèmes de direction hydrauliques pour bateaux de plaisance, avec des niveaux de couple et de fatigue à respecter. Les fabricants sérieux valident leurs volants par des essais de traction, de couple et de cyclage, en cohérence avec le marquage CE de l’embarcation. Pour vous, cela signifie une compatibilité assurée avec les marques de direction reconnues et une sécurité contrôlée sur des milliers de cycles de manœuvre.
Conception ergonomique et sécurité d’un volant de bateau en thermoplastique
Un volant de bateau en thermoplastique n’est pas seulement une pièce technique ; c’est aussi un interface ergonomique qui conditionne la qualité de pilotage. Le matériau se prête particulièrement bien aux formes complexes, aux profils de jante travaillés et aux finitions différenciées entre zones de contact. Comme un bon siège de voiture, un bon volant guide inconsciemment la position des mains, limite la fatigue et contribue à la sécurité en cas d’impact. Le thermoplastique permet de jouer sur l’épaisseur, la texture et la dureté locale pour adapter la roue à différents types de navigation : balade côtière, pêche intensive, croisière hauturière ou conduite sportive sur semi-rigide rapide.
Design de la jante : profil ergonomique, diamètre et épaisseur adaptés à la navigation côtière et hauturière
Le diamètre typique d’un volant pour bateau à moteur se situe entre 320 et 400 mm, avec des variations selon le couple de direction et l’espace disponible à la console. Un volant thermoplastique permet de définir une section de jante légèrement ovale ou ergonomique, plus confortable qu’un simple tube. Pour une navigation côtière, un diamètre modéré offre une direction plus rapide, pratique en manœuvre de port. Pour la navigation hauturière ou les bateaux lourds, un diamètre plus important augmente le bras de levier et réduit l’effort de barre, surtout en direction mécanique. L’épaisseur de la jante est souvent comprise entre 25 et 32 mm pour assurer une bonne préhension, même avec des gants de quart.
Texturage de surface et grip : stries, micro-texture, inserts soft-touch pour une tenue en main avec mains mouillées
La surface d’un volant en thermoplastique offre un terrain de jeu idéal pour le grip. Des stries régulières, une micro-texture « grain cuir » ou des zones en élastomère TPE surmoulé améliorent considérablement l’adhérence avec des mains mouillées. Sur un semi-rigide qui tape dans la houle, cette micro-architecture de surface peut faire la différence entre un contrôle précis et une main qui glisse au mauvais moment. Certains fabricants prévoient également des repères tactiles à 10 h et 2 h, voire un méplat discret en bas de roue, pour vous permettre de sentir instinctivement la position du volant sans quitter la mer des yeux, comme sur un volant automobile sportif.
Intégration d’inserts métalliques pour moyeu : laiton, inox, aluminium usiné pour compatibilité avec colonnes vetus, ultraflex, seastar
Le cœur d’un volant thermoplastique moderne reste métallique. Un insert en laiton, en inox ou en aluminium usiné assure la liaison robuste avec la colonne de direction. Ce moyeu est généralement conçu pour s’adapter aux cônes 3/4" coniques à 6 cannelures définis par l’ISO 8848, utilisés par des marques comme Vetus, Ultraflex ou Seastar. Le thermoplastique est alors surmoulé autour de cet insert, garantissant une liaison intime et durable. Cette architecture hybride combine les avantages mécaniques du métal au niveau critique de la fixation, avec la liberté de forme et de finition du polymère pour la jante et les rayons, tout en limitant le risque de jeu ou de grincement dans le temps.
Gestion des chocs et de la fatigue : zones de déformation contrôlée pour limiter les blessures en cas d’impact
Lors d’un impact violent – collision, arrêt brutal – le volant peut devenir un point de contact dangereux pour le pilote. Contrairement à une roue entièrement métallique, un volant en thermoplastique peut être conçu pour intégrer des zones de déformation contrôlée. En cas de choc, la jante et certains rayons absorbent une partie de l’énergie en se déformant localement, ce qui réduit la violence du contact sur la cage thoracique ou les mains. Dans l’usage normal, ces mêmes caractéristiques apportent une légère souplesse qui filtre les vibrations de la colonne. Comme pour un tableau de bord automobile, le matériau contribue donc directement à la sécurité passive, tout en augmentant le confort de pilotage au quotidien.
Processus de fabrication des volants de bateau en thermoplastique
La fabrication d’un volant de bateau en thermoplastique repose principalement sur le moulage par injection, une technologie parfaitement maîtrisée dans l’industrie. Cette méthode, associée au surmoulage d’inserts métalliques, permet d’atteindre des volumes de production importants avec une répétabilité dimensionnelle exemplaire. Le procédé rappelle la fabrication de pièces automobiles : le matériau est fondu, injecté dans un moule acier très précis, refroidi, puis éjecté, avant de subir une série de contrôles qualité. Pour un propriétaire de bateau, cela garantit un produit aux tolérances serrées, compatible avec les principales colonnes du marché et répondant à des critères stricts de finition esthétique.
Moulage par injection : étapes, paramètres de cycle et contrôle qualité en production de volants
Le moulage par injection suit plusieurs étapes clés : plastification des granulés, injection sous pression, maintien, refroidissement et éjection. Les paramètres de cycle – température de fusion, pression d’injection, temps de maintien – sont ajustés pour éviter les défauts typiques : retassures, bulles, gerces. Un volant de qualité fait l’objet de contrôles réguliers en cours de production : pesée, contrôle visuel, vérification de la circularité de la jante. Selon certaines études de l’industrie, plus de 90 % des retours en garantie sont liés à des défauts de process et non de matériau, d’où l’importance d’un suivi rigoureux du cycle d’injection, particulièrement dans les zones de jonction jante/rayons.
Surmoulage d’inserts et de moyeux : liaison thermoplastique–métal et prévention du jeu dans le temps
Le surmoulage réunit en une seule opération l’insert métallique et le corps thermoplastique du volant. L’insert est positionné dans le moule à l’aide de broches, puis le polymère fondu vient l’englober. La géométrie de l’insert (dents, trous, méplats) est étudiée pour assurer un ancrage mécanique efficace, même en cas de variations de température ou d’humidité. Ce procédé limite fortement le risque de jeu entre le moyeu et la jante au fil des saisons, problème parfois rencontré sur d’anciens volants boulonnés ou rivetés. Pour vous, cela garantit une précision de direction constante, sans craquements ni micro-déplacements à la prise en main.
Finitions de surface : peinture polyuréthane, vernis anti-UV, surmoulage TPE pour jante bi-matière
Un volant en thermoplastique peut être livré brut, directement texturé dans le moule, ou recevoir des finitions supplémentaires. Les peintures polyuréthane et les vernis anti-UV améliorent la résistance à la lumière et aux rayures, tout en permettant des couleurs personnalisées pour s’harmoniser avec la console ou le reste de l’accastillage. Le surmoulage TPE (élastomère thermoplastique) transforme la jante en pièce bi-matière : noyau rigide pour la structure, couche externe plus souple pour le confort et le grip. Cette combinaison est particulièrement appréciée sur les volants dits « sport » ou « pilot », destinés aux bateaux rapides et aux commandes très sollicitées.
Contrôles dimensionnels et tests de traction sur rayons et jante
En sortie de production, les volants subissent des campagnes d’essais mécaniques et dimensionnels. Les contrôles dimensionnels vérifient le diamètre de la jante, la perpendicularité par rapport au cône de moyeu et la précision du profil interne. Des tests de traction sur les rayons et de couple sur la jante sont menés pour s’assurer que la roue dépasse les exigences minimales des normes et des fabricants de directions. Certains industriels imposent par exemple un couple de rupture supérieur de 2,5 à 3 fois le couple maximal annoncé pour le système de direction associé, intégrant ainsi une marge de sécurité confortable pour un usage réel, y compris dans des conditions extrêmes.
Compatibilité des volants thermoplastiques avec systèmes de direction nautiques
La compatibilité avec les directions mécaniques et hydrauliques conditionne directement le choix d’un volant de bateau. Un modèle en thermoplastique bien conçu respecte les géométries normalisées, ce qui facilite l’échange d’un volant existant par un modèle plus ergonomique ou plus moderne, sans modifier la colonne. Sur un marché dominé par des acteurs comme Teleflex, Ultraflex, Vetus, Seastar ou Lecomble & Schmitt, la plupart des volants thermoplastiques sérieux sont pensés pour offrir une interchangeabilité maximale. Le diamètre, le cône de moyeu, le déport et parfois la présence d’un bouton de volant doivent être examinés pour choisir une roue qui s’intègre parfaitement à votre poste de pilotage.
Montage sur barres mécaniques teleflex, ultraflex et vetus : standards d’axes coniques et clavettes
Les systèmes de direction par câble de marques comme Teleflex, Ultraflex ou Vetus utilisent majoritairement un axe conique 3/4" avec clavette ou cannelures. Un volant thermoplastique compatible présente donc un moyeu usiné selon ce standard ISO, avec souvent un écrou central et un cache-moyeu esthétique. Lors du remplacement, l’opération se résume à déposer l’ancien volant, vérifier l’état de l’axe et des cannelures, puis à positionner le nouveau jusqu’en butée avant de serrer à couple recommandé. Cette simplicité d’installation fait des volants en thermoplastique une solution très attractive pour moderniser une timonerie vieillissante sans intervention lourde sur la direction elle-même.
Utilisation avec directions hydrauliques seastar, lecomble & schmitt : contraintes de couple et de retour d’effort
Les directions hydrauliques, fréquentes sur les vedettes in-board, hors-bord puissants ou bateaux de pêche professionnelle, imposent des couples parfois élevés, en particulier sur les versions « haut couple » destinées aux moteurs de forte puissance. Un volant en thermoplastique doit donc être validé pour ces applications en tenant compte du couple maximal de la pompe (jusqu’à plus de 50–60 N·m sur certains systèmes). Le retour d’effort étant souvent plus filtré sur l’hydraulique que sur le câble, la rigidité de la jante et la précision de l’ancrage au moyeu deviennent essentielles pour conserver une sensation de barre claire, sans flou ni torsion parasite lors des changements rapides de cap.
Adaptation aux consoles de timonerie de semi-rigides, vedettes et voiliers de croisière
Les volants thermoplastiques se déclinent aujourd’hui en gammes adaptées à presque tous les types de bateaux de plaisance. Sur un semi-rigide, le design privilégie un diamètre réduit, une esthétique sportive et un grip très prononcé. Sur une vedette de croisière, l’accent est mis sur le confort et l’esthétique, avec des finitions sobres qui s’accordent avec les autres éléments de la console. Certains voiliers de croisière côtière utilisent également des volants thermoplastiques, notamment en timonerie intérieure ou sur des barres secondaires. Dans chaque cas, l’objectif reste le même : offrir au pilote un organe de commande à la fois fiable, confortable et visuellement cohérent avec l’ensemble du poste de pilotage.
Gestion de l’angle de braquage et ergonomie du poste de pilotage
L’angle de braquage complet – nombre de tours de butée à butée – dépend du rapport de la direction, mais le volant joue un rôle important dans la manière dont cet angle est perçu. Un diamètre plus grand augmente le déplacement linéaire des mains pour un même angle, ce qui favorise la précision, tandis qu’un diamètre plus petit privilégie la rapidité d’action. Un volant thermoplastique bien dimensionné par rapport à la console permet d’éviter les interférences avec les commandes moteur, les écrans ou les interrupteurs. Idéalement, vous devez pouvoir tourner d’un bord à l’autre sans que vos mains ne heurtent le tableau de bord, et conserver une vision dégagée des instruments critiques (vitesse, régime, température moteur) en toutes positions de la roue.
Études de cas : volants de bateau en thermoplastique chez plastimo, osculati, vetus et ultraflex
Pour illustrer concrètement les atouts des volants de bateau en thermoplastique, plusieurs gammes de fabricants européens et internationaux peuvent servir de référence. Ces exemples montrent comment un même matériau de base peut être décliné en produits très différents selon le type de bateau, le style recherché et les contraintes d’utilisation. De la petite vedette open à la vedette in-board haut de gamme, le volant thermoplastique a progressivement remplacé de nombreux modèles entièrement métalliques, sans renoncer ni à la fiabilité ni au plaisir de pilotage.
Volants plastimo série pilot : conception pour vedettes open et bateaux de pêche côtière
La série Pilot de Plastimo illustre bien l’approche « polyvalente » du volant thermoplastique. La jante bi-matière, avec un noyau rigide et un revêtement soft-touch, offre un grip constant pour les sorties de pêche côtière, y compris avec des mains mouillées ou gantées. Le diamètre modéré, souvent autour de 320–350 mm, convient idéalement aux vedettes open et aux petites timoneries fermées. Le design sobre, avec rayons inspirés de l’automobile, modernise immédiatement un poste de pilotage ancien sans le surcharger visuellement. Côté technique, le moyeu standard compatible avec les directions mécaniques les plus courantes simplifie largement le remplacement d’un volant d’origine usé ou corrodé.
Modèles osculati pour semi-rigides zodiac, bombard et lomac : design sportif et résistance aux UV
Les volants en thermoplastique proposés par Osculati pour les semi-rigides à vocation sportive mettent en avant un style dynamique : rayons ajourés, jante à section épaisse, parfois inserts colorés. Le matériau est spécifiquement formulé pour une forte résistance aux UV, indispensable sur des consoles souvent exposées en plein soleil, sans protection permanente. Plusieurs chantiers de semi-rigides connus, comme Zodiac, Bombard ou Lomac, montent ce type de volant en première monte sur leurs gammes orientées loisirs sportifs. Pour l’utilisateur, l’avantage principal réside dans un contrôle très direct de la barre, une excellente prise en main en navigation rapide et une durabilité visuelle qui évite l’aspect terni ou craquelé observé sur d’anciens volants en mousse ou en plastique basique.
Volants vetus et ultraflex pour vedettes in-board : compatibilité avec directions hydrauliques haut couple
Sur les vedettes in-board et les bateaux de croisière plus lourds, Vetus et Ultraflex développent des volants thermoplastiques spécifiquement dimensionnés pour les directions hydrauliques haut couple. Le design est généralement plus classique, avec des rayons massifs et des jantes dont la rigidité est renforcée par des nervures internes ou des inserts partiels. Le moyeu métallique est usiné pour s’adapter aux pompes hydrauliques de forte capacité, où les couples de manœuvre et les retours d’effort peuvent être importants, notamment sur les doubles motorisations. En choisissant ce type de volant, vous bénéficiez de la robustesse et de la compatibilité d’un équipement « pro », tout en conservant les avantages du thermoplastique : confort thermique, grip et absence de corrosion, même après de nombreuses saisons à flot.
| Matériau de volant | Poids relatif | Résistance corrosion | Confort thermique / grip | Entretien |
|---|---|---|---|---|
| Thermoplastique | Très léger | Excellente (pas de rouille) | Très bon, surtout bi-matière | Faible, simple rinçage |
| Inox 316L | Lourd | Très bonne mais piqûres possibles | Moyen, peut être chaud/froid | Moyen, polissage périodique |
| Aluminium époxy | Léger | Bonne si revêtement intact | Correct, variable selon revêtement | Moyen, surveiller les rayures |
| Bois (teck, acajou) | Moyen | Bonne si vernis entretenu | Très agréable mais glissant mouillé | Élevé, vernis ou huile réguliers |
Un volant de bateau bien choisi agit comme un prolongement naturel des mains du pilote, transformant un geste simple en contrôle précis et sécurisant de l’embarcation.
La légèreté et l’ergonomie d’un volant thermoplastique moderne peuvent, à elles seules, modifier la perception de la direction et donner l’impression de piloter un bateau plus réactif et mieux équilibré.
En pratique, opter pour un volant de bateau en thermoplastique revient à privilégier un ensemble d’avantages cumulés : poids réduit pour des manœuvres plus fluides, confort thermique et tactile sur la durée, absence de corrosion malgré les hivers passés dehors, compatibilité avec les directions mécaniques et hydrauliques standardisées, et possibilité de renouveler le design de la timonerie à un coût contenu. En vous intéressant au matériau, au type de polymère, à la conception interne de la jante et au standard de moyeu, il devient possible de sélectionner une roue qui améliore réellement la précision et le plaisir de pilotage, que ce soit sur un semi-rigide sportif, une vedette de croisière ou un voilier équipé d’une timonerie moderne.