
La capitale portugaise figure parmi les destinations européennes les plus prisées, attirant chaque année plus de 5 millions de visiteurs selon l’Office National de Statistiques du Portugal. Cette cidade das sete colinas dévoile ses trésors architecturaux, culturels et gastronomiques à travers un patrimoine millénaire remarquablement préservé. Entre les azulejos ornant les façades, les ruelles sinueuses de l’Alfama et les monuments témoignant de l’âge d’or des Grandes Découvertes, Lisbonne offre une expérience authentique aux voyageurs en quête d’évasion culturelle. Ce guide détaillé de trois jours vous permettra d’optimiser votre séjour en découvrant les sites incontournables tout en vous immergeant dans l’atmosphère unique de cette métropole ibérique.
Jour 1 : exploration du quartier historique d’alfama et du fado museum
Le premier jour de votre périple lisboète débute par l’exploration de l’Alfama, le plus ancien quartier de la ville. Ce dédale de ruelles pavées a miraculeusement survécu au terrible tremblement de terre de 1755, préservant ainsi l’âme mauresque de l’ancienne Al-hamma. Niché sur les pentes de la colline du château Saint-Georges, ce quartier populaire concentre l’essence même de l’identité lisboète, où résonnent encore les échos du fado traditionnel.
L’architecture typique de l’Alfama se caractérise par ses maisons colorées aux balcons fleuris, ses passages voûtés et ses cours intérieures où sèche le linge. Les statistiques touristiques révèlent que 78% des visiteurs considèrent l’Alfama comme le quartier le plus authentique de Lisbonne. Pour une immersion optimale, privilégiez les premières heures matinales lorsque les habitants vaquent à leurs occupations quotidiennes, créant une atmosphère particulièrement vivante.
Château de são jorge : visite guidée et panorama sur le tage
Dominant majestueusement la capitale depuis le sommet de la colline Saint-Georges, le Castelo de São Jorge constitue le point de départ idéal de votre exploration. Cette forteresse mauresque, édifiée au XIe siècle puis remaniée par les rois portugais, offre un panorama exceptionnel sur l’estuaire du Tage et les toits de tuiles rouges de la ville basse. Les fouilles archéologiques menées sur le site ont révélé des vestiges datant du VIIe siècle avant J.-C., témoignant de l’occupation millénaire de cette position stratégique.
La visite du château inclut la découverte des remparts, des tours de guet et du musée qui retrace l’histoire de Lisbonne. La câmara obscura, dispositif optique installé dans l’une des tours, permet d’observer en temps réel les mouvements de la ville grâce à un système de miroirs et de lentilles. Comptez environ 90 minutes pour une visite complète, avec un tarif d’entrée de 10 euros pour les adultes.
Cathédrale sé de lisboa : architecture romane et vestiges archéologiques
La cathédrale patriarcale de Lisbonne, plus communément appelée Sé, représente le symbole de la reconquête chrétienne menée par Alphonse Henriques au XIIe siècle. Édifiée sur les ruines d’une ancienne mosquée, cette imposante construction romane présente une façade austère flanquée de deux tours crénelées qui lui confèrent un aspect de for
tresse. L’intérieur, remanié à plusieurs reprises après le séisme de 1755, mêle éléments gothiques, baroques et néoclassiques, illustrant les différentes strates historiques de la ville. Les chapelles latérales abritent plusieurs sépultures de personnages illustres, dont celles du roi Alphonse IV et de sa famille, rappelant le rôle central de la Sé dans la monarchie portugaise.
Ne manquez pas le cloître gothique, accessible moyennant un billet complémentaire. Sous ses arcades, des fouilles ont mis au jour des vestiges romains, wisigoths et islamiques, constituant un véritable palimpseste archéologique de Lisbonne. Un parcours didactique explique les différentes couches d’occupation, idéal pour comprendre l’évolution urbaine du site. Comptez 45 à 60 minutes pour la visite de la cathédrale et du cloître, en prévoyant une tenue adaptée au caractère religieux du lieu.
Musée du fado : patrimoine musical portugais et acoustique traditionnelle
À quelques ruelles en contrebas de la Sé, le Museu do Fado constitue une étape incontournable pour appréhender l’âme musicale de Lisbonne. Inauguré en 1998 dans l’ancien bâtiment de la station de pompage de l’Alfama, ce musée retrace l’histoire du fado, de ses origines populaires au XIXe siècle jusqu’à sa reconnaissance par l’UNESCO comme patrimoine immatériel de l’humanité en 2011. Pour beaucoup de voyageurs, il s’agit du meilleur point de départ avant de réserver une soirée fado dans une casa de fados.
Le parcours permanent propose une scénographie moderne mêlant archives sonores, portraits de grandes voix (Amália Rodrigues, Carlos do Carmo, Mariza…), instruments traditionnels et affiches de concerts. Grâce à des audioguides multilingues, vous pouvez écouter des enregistrements d’époque tout en découvrant les codes du fado : thèmes de la saudade, rôle de la guitare portugaise, rituels des maisons de fado. La salle de projection, dotée d’une excellente acoustique, permet d’assister à des extraits de concerts historiques comme si vous y étiez.
Pour enrichir encore votre expérience, faites coïncider votre passage avec l’un des concerts ou ateliers ponctuels organisés sur place (programmation disponible en ligne). La visite dure en moyenne 60 à 90 minutes ; prévoyez-la en milieu de journée pour faire une pause culturelle et fraîche entre deux montées de colline. Vous repartirez avec quelques repères essentiels pour mieux savourer, le soir venu, un fado chanté dans une taverne de l’Alfama.
Miradouro da senhora do monte : point de vue stratégique au coucher du soleil
Pour clore cette première journée à Lisbonne, rejoignez le Miradouro da Senhora do Monte, situé sur la colline de Graça. Moins fréquenté que certains autres belvédères, il offre pourtant l’un des panoramas les plus spectaculaires sur la vieille ville, le château de São Jorge, la Baixa et l’estuaire du Tage. Autrefois lieu stratégique de surveillance de la cité, il est aujourd’hui prisé des photographes et des couples venus admirer le coucher du soleil.
On y accède soit à pied depuis l’Alfama (comptez une bonne quinzaine de minutes de montée), soit en empruntant le tram 28E jusqu’à l’arrêt Graça, puis en marchant quelques centaines de mètres. En fin de journée, l’atmosphère y est particulièrement agréable : musiciens de rue, petites échoppes ambulantes proposant rafraîchissements et snacks, et une lumière dorée qui nimbe les toits de la ville. Pensez à arriver une demi-heure avant le coucher du soleil pour trouver une place sur les murets ou les bancs en pierre.
Vous vous demandez s’il vaut vraiment la peine de monter jusqu’ici alors que Lisbonne compte de nombreux miradouros ? Imaginez un amphithéâtre naturel où la ville entière se déploie sous vos yeux comme une maquette en relief : c’est exactement l’effet produit par ce point de vue. C’est aussi l’endroit parfait pour repérer, d’en haut, les quartiers déjà explorés et ceux que vous découvrirez lors des jours suivants.
Jour 2 : découverte de belém et du patrimoine maritime des découvertes
La deuxième journée de votre itinéraire à Lisbonne est consacrée au quartier de Belém, berceau symbolique de l’expansion maritime portugaise. Situé à l’ouest du centre, le long du Tage, cet ancien port d’embarquement des grands navigateurs du XVe et du XVIe siècle concentre certains des monuments les plus emblématiques du pays. Pour optimiser vos déplacements, empruntez le tram 15E ou un bus depuis la Praça do Comércio ; comptez une vingtaine de minutes de trajet.
Belém se prête particulièrement bien à une exploration à pied, en enchaînant les visites le long du front de fleuve. L’idéal est de débuter par le monument le plus fréquenté, le monastère des Hiéronymites, puis de poursuivre vers la Tour de Belém et le Monument aux Découvertes. Au fil de la journée, vous plongerez dans l’âge d’or portugais, lorsque Lisbonne dominait la Route des Épices et des nouvelles terres.
Monastère des hiéronymites : style manuélin et tombeau de vasco de gama
Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983, le Mosteiro dos Jerónimos constitue sans doute le plus bel exemple d’architecture manuéline du pays. Édifié à partir de 1502 à la demande du roi Manuel Ier, il célébrait le retour triomphal de Vasco de Gama après la découverte de la route maritime vers l’Inde. Sa façade en pierre de lioz, finement sculptée, regorge de motifs marins, de cordages et de symboles royaux, illustrant le lien étroit entre foi, pouvoir et mer.
La visite s’articule autour de deux espaces principaux : l’église Santa Maria de Belém et le cloître. Dans la nef de l’église, remarquablement élancée, vous pourrez admirer les tombeaux de Vasco de Gama et du poète Luís de Camões, deux figures tutélaires de l’identité portugaise. Le cloître, à deux niveaux, est quant à lui un chef-d’œuvre absolu : chaque arcade, chaque colonne est finement ciselée, créant un décor presque dentelé. Prévoyez 1h30 à 2h pour profiter pleinement des lieux et des nombreuses explications historiques.
Pour éviter les files d’attente, particulièrement longues en haute saison, pensez à arriver dès l’ouverture ou en fin d’après-midi. Une autre solution consiste à utiliser une carte touristique intégrant l’entrée au monastère et aux principaux monuments de Lisbonne. Comme souvent dans les édifices religieux portugais, une tenue correcte est recommandée, même si les contrôles restent souples avec les visiteurs étrangers.
Tour de belém : fortification défensive du xvie siècle sur l’estuaire du tage
À une quinzaine de minutes de marche du monastère, en longeant le fleuve, se dresse la célèbre Torre de Belém. Construite entre 1514 et 1520, cette tour défensive gardait autrefois l’entrée du port de Lisbonne, en synergie avec la forteresse de la rive opposée. De style manuélin, elle mêle éléments militaires (meurtrières, mâchicoulis, canonnières) et motifs décoratifs plus légers, comme les balcons ajourés ou la loggia Renaissance.
La visite intérieure permet de découvrir la salle du Gouverneur, la salle des Rois, la chapelle et la terrasse supérieure. Attention toutefois : l’escalier en colimaçon est étroit et la circulation s’effectue parfois de manière alternée, ce qui peut entraîner de l’attente. La récompense se trouve au sommet, avec une vue dégagée sur l’estuaire du Tage, le Monument aux Découvertes et la ligne d’horizon atlantique. Comptez environ une heure pour la visite complète.
Faut-il absolument entrer dans la tour ou se contenter de l’admirer de l’extérieur ? Tout dépend de votre intérêt pour l’architecture militaire et de votre temps sur place. Pour un court séjour à Lisbonne, une observation attentive de l’extérieur, combinée à une balade sur la promenade fluviale, fournit déjà une très bonne compréhension de son rôle historique et de sa beauté formelle.
Monument aux découvertes : navigation portugaise et route des épices
En revenant vers le monastère, vous croiserez immanquablement le Padrão dos Descobrimentos, monumental hommage aux navigateurs portugais. Érigé une première fois en 1940 pour l’Exposition du Monde Portugais, puis reconstruit en pierre en 1960, ce monument en forme de proue de navire représente, à sa tête, l’infant Henri le Navigateur brandissant une caravelle. Derrière lui, une procession de 32 figures rend hommage aux explorateurs, cartographes, missionnaires et souverains de l’époque des Découvertes.
Au pied du monument, une vaste rose des vents en marbre, offerte par l’Afrique du Sud, illustre les itinéraires maritimes tracés par les Portugais à travers le globe. Depuis la plateforme panoramique accessible par ascenseur, vous profiterez d’une vue à 360 degrés sur Belém, le Tage et le pont du 25 Avril. La visite du petit espace muséal attenant permet, quant à elle, d’approfondir le contexte géopolitique et économique de cet âge d’or maritime.
En observant ces figures taillées dans la pierre, vous saisirez mieux à quel point Lisbonne fut, durant plusieurs siècles, au centre d’un réseau planétaire de routes commerciales. C’est un peu comme feuilleter un atlas historique en trois dimensions : chaque personnage, chaque détail de costume raconte un pan de la Route des Épices et des nouvelles frontières explorées par les caravelles.
Musée national des carrosses : collection royale et techniques d’attelage
À quelques rues du monastère, le Museu Nacional dos Coches propose un changement total d’univers. Installé depuis 2015 dans un bâtiment contemporain signé par l’architecte brésilien Paulo Mendes da Rocha (prix Pritzker), il abrite l’une des plus prestigieuses collections de carrosses au monde. On y découvre plus de 70 véhicules hippomobiles datés du XVIe au XIXe siècle, utilisés par la cour portugaise mais aussi offerts par d’autres monarchies européennes.
Les carrosses se distinguent par leurs décors somptueux : dorures, sculptures en bois, peintures allégoriques, emblèmes héraldiques. Des panneaux explicatifs détaillent les techniques d’attelage, l’évolution des suspensions et le protocole de représentation lié à ces véhicules d’apparat. Pour les voyageurs avec enfants, ce musée constitue souvent un moment fort du séjour à Lisbonne, tant les pièces exposées évoquent les contes de fées et les films historiques.
Prévoyez une heure à une heure et demie pour la visite, en combinant éventuellement avec l’ancien édifice de la manège royal situé à proximité, qui accueille encore une partie de la collection. C’est aussi un bon refuge en milieu de journée lorsque les températures grimpent, le bâtiment étant parfaitement climatisé et l’exposition très lisible même pour un public non spécialiste.
Pastéis de belém : dégustation des pastéis de nata authentiques depuis 1837
Aucun itinéraire à Lisbonne ne serait complet sans une halte gourmande à l’Antiga Confeitaria de Belém, institution fondée en 1837. C’est ici que seraient nés les célèbres pastéis de nata, ces petits flans crémeux servis dans une fine pâte feuilletée, saupoudrés de cannelle ou de sucre glace. La recette exacte est jalousement gardée et transmise à un cercle restreint de pâtissiers, ce qui contribue à la légende du lieu.
La file d’attente extérieure peut impressionner, mais elle avance généralement vite, notamment pour les commandes à emporter. Si vous disposez de davantage de temps, installez-vous à l’intérieur dans l’une des vastes salles carrelées d’azulejos : l’ambiance y est typiquement lisboète, bruyante mais chaleureuse. Pensez à accompagner votre pastel d’un café serré ou d’un verre de ginginha pour une expérience encore plus locale.
Vous vous demandez si les pastéis de Belém sont vraiment différents de ceux vendus ailleurs dans la ville ? D’un point de vue strictement gustatif, les versions proposées dans d’autres pâtisseries réputées de Lisbonne sont parfois tout aussi délicieuses. Mais ici, la dégustation s’accompagne d’une dimension historique et symbolique forte : vous goûtez un dessert qui, selon la tradition, était déjà confectionné par les moines du monastère voisin il y a près de deux siècles.
Jour 3 : quartier de chiado, bairro alto et tramway historique 28
Pour cette troisième journée, cap sur le cœur animé de Lisbonne : les quartiers du Chiado, de la Baixa et du Bairro Alto. Plus modernes que l’Alfama mais tout aussi emblématiques, ils concentrent une grande partie de la vie culturelle, commerciale et nocturne de la ville. Entre les cafés historiques, les librairies centenaires, les ascenseurs urbains et le fameux tram 28, vous découvrirez un visage plus cosmopolite de la capitale portugaise.
L’idéal est de commencer en bas, dans la Baixa, avant de gagner progressivement les hauteurs du Chiado et du Bairro Alto à l’aide des ascenseurs et funiculaires. Vous verrez alors Lisbonne sous un autre angle, plus « européen » dans ses grandes artères mais toujours profondément marquée par son relief et ses points de vue spectaculaires.
Elevador de santa justa : ascenseur néogothique de raoul mesnier du ponsard
L’Elevador de Santa Justa, inauguré en 1902, relie la Baixa à la place du Carmo, au niveau du Chiado. Conçu par l’ingénieur Raoul Mesnier du Ponsard, disciple de Gustave Eiffel, cet ascenseur en fer forgé de style néogothique est devenu l’un des symboles de Lisbonne. Ses structures métalliques ajourées, ses cabines en bois et son escalier en colimaçon menant à la plateforme supérieure évoquent clairement l’esthétique industrielle de la Belle Époque.
Au-delà de son aspect pratique, l’ascenseur offre un belvédère de premier ordre sur la Baixa, le château de São Jorge et l’Alfama. Toutefois, les files d’attente peuvent être dissuasives en milieu de journée. Une alternative consiste à accéder gratuitement à la terrasse depuis le quartier du Carmo, en empruntant les rues adjacentes, puis à ne prendre que la descente à pied vers la Baixa. Vous profiterez ainsi du point de vue sans nécessairement utiliser l’ascenseur dans les deux sens.
Faut-il considérer l’Elevador comme un simple attrape-touristes ou comme un vrai moyen de transport ? Comme souvent à Lisbonne, la frontière entre les deux est floue : cet ouvrage résume à lui seul l’effort de la ville pour dompter ses sept collines, comme un pont vertical jeté entre deux mondes urbains aux ambiances distinctes.
Livraria lello : architecture art nouveau et escalier hélicoïdal emblématique
Bien que la Livraria Lello soit historiquement située à Porto, de nombreux voyageurs associent aujourd’hui la découverte des grandes librairies portugaises à leur itinéraire à Lisbonne. Dans la capitale, on privilégiera plutôt des adresses comme Bertrand, considérée comme la plus ancienne librairie en activité au monde (fondée en 1732), ou la très contemporaine Ler Devagar au sein du complexe de la LX Factory. Néanmoins, l’exemple de Lello reste pertinent pour illustrer la richesse de l’architecture Art nouveau au Portugal.
Si vous prévoyez de combiner votre séjour à Lisbonne avec quelques jours à Porto, gardez à l’esprit que la Livraria Lello séduit par son célèbre escalier hélicoïdal, ses boiseries sculptées et ses vitraux colorés. On y retrouve le même soin du détail ornemental que dans certains cafés historiques du Chiado, à l’image du Café A Brasileira, fréquenté autrefois par le poète Fernando Pessoa. À Lisbonne comme à Porto, ces lieux conjuguent la fonction commerciale de la librairie à un véritable patrimoine architectural.
À défaut de visiter Lello pendant vos trois jours à Lisbonne, accordez-vous un moment dans l’une des librairies lisboètes mentionnées plus haut. Vous y retrouverez cette atmosphère feutrée, presque théâtrale, où les livres s’empilent jusqu’au plafond et où l’on peut feuilleter un ouvrage en observant, par les grandes vitrines, l’animation de la rue.
Tramway électrique 28 : circuit touristique à travers les sept collines de lisbonne
Le tram 28E demeure le moyen le plus emblématique de parcourir les quartiers historiques de Lisbonne. Mis en service dans les années 1930, ce tramway électrique de type « Remodelado » conserve son allure rétro avec ses boiseries intérieures et ses bancs en lattes de bois. Son itinéraire serpente à travers Graça, l’Alfama, la Baixa, le Chiado et Estrela, offrant un condensé unique de paysages urbains lisboètes.
Pour optimiser votre expérience, nous vous conseillons de monter à l’un des terminus (Martim Moniz ou Campo de Ourique) tôt le matin ou en soirée, lorsque l’affluence est moindre. Pendant le trajet, prêtez attention aux passages particulièrement spectaculaires : ruelles si étroites que l’on peut presque toucher les façades, virages serrés, descentes abruptes. C’est un peu comme embarquer dans un manège urbain à ciel ouvert, mais au rythme tranquille de la vie quotidienne.
Le tram 28E reste un moyen de transport utilisé par les habitants, ce qui suppose quelques précautions : surveillez vos effets personnels dans les véhicules bondés et évitez de bloquer les entrées pour prendre des photos. Pour un itinéraire Lisbonne en 3 jours bien équilibré, un tronçon de 20 à 30 minutes suffit pour saisir l’esprit du parcours sans y consacrer une demi-journée entière.
Miradouro da senhora do monte : vue panoramique sur le pont 25 de abril
Si vous n’avez pas eu le temps de profiter pleinement du Miradouro da Senhora do Monte lors du premier jour, ou si vous souhaitez y revenir dans une autre lumière, ce troisième jour est l’occasion idéale. Depuis ce point haut, la perspective s’élargit jusqu’au pont du 25 Avril, ouvrage suspendu inauguré en 1966 et souvent comparé au Golden Gate de San Francisco en raison de sa couleur rouge et de sa silhouette.
Au coucher du soleil, les haubans du pont se détachent sur un ciel souvent pastel, tandis que le Christ Roi, sur la rive sud, semble veiller sur l’ensemble de l’estuaire. Cette vue d’ensemble permet de mieux comprendre la topographie de Lisbonne et la place centrale occupée par le Tage dans le développement de la ville. C’est également un excellent moment pour faire le point sur les quartiers visités et ceux que vous rêverez peut-être d’explorer lors d’un prochain séjour plus long.
Entre le jour 1 et le jour 3, revenir à la Senhora do Monte vous fera prendre conscience de la manière dont la perception d’une ville évolue avec le temps passé sur place. Ce belvédère devient alors, à la manière d’un marque-page, le repère visuel de votre itinéraire lisboète de trois jours.
Transport urbain et optimisation des déplacements dans la capitale portugaise
Lisbonne dispose d’un réseau de transports publics dense et relativement simple à appréhender pour un séjour de courte durée. Métro, bus, tramways classiques, funiculaires et ascenseurs urbains se complètent pour aider les voyageurs à apprivoiser les sept collines sans s’épuiser. D’après les données récentes de la société Carris, plus de 600 000 trajets quotidiens sont effectués sur le réseau de surface, ce qui en fait un outil indispensable pour les habitants comme pour les visiteurs.
Pour optimiser vos déplacements lors d’un city trip de trois jours, l’idéal est d’opter pour une carte de transport rechargeable ou un pass touristique offrant l’accès illimité aux transports publics. Ces solutions permettent d’alterner marche et transports en commun en fonction du relief et de votre niveau de fatigue. Pensez à valider systématiquement votre titre de transport à la montée, même en cas de correspondance, sous peine d’amende en cas de contrôle.
Astuce pratique : organisez vos journées par zones géographiques (Alfama, Belém, centre historique) afin de limiter les allers-retours inutiles et de réduire votre temps de trajet global.
Les taxis et les services de VTC (Uber, Bolt) restent intéressants pour les déplacements nocturnes ou lorsque vous êtes chargés de bagages, les tarifs à Lisbonne étant sensiblement inférieurs à ceux de nombreuses autres capitales européennes. En revanche, la location de voiture n’est pas recommandée pour circuler en centre-ville : rues étroites, trafic dense, stationnement limité et zones de circulation restreinte compliquent fortement la conduite pour un court séjour.
Gastronomie lisboète : spécialités culinaires et établissements traditionnels recommandés
La cuisine lisboète constitue un autre pilier de votre découverte de la ville. Entre les tascas populaires, les pâtisseries historiques et les halles gourmandes modernes, la capitale offre un éventail de saveurs qui reflète à la fois son héritage maritime et ses influences coloniales. Selon l’association portugaise de la restauration, plus de 55 % des visiteurs citent la gastronomie parmi les principaux motifs de satisfaction de leur séjour à Lisbonne.
Parmi les incontournables, on retrouve le bacalhau (morue) décliné sous des dizaines de recettes, le polvo à lagareiro (poulpe rôti à l’huile d’olive et à l’ail), les sardines grillées en été, sans oublier les petiscos, ces petits plats à partager qui rappellent les tapas espagnoles. Les amateurs de sucré se régaleront de pastéis de nata, mais aussi de queijadas et de travesseiros, notamment lors d’une escapade à Sintra si votre programme le permet.
Où manger pour une expérience authentique lors de trois jours à Lisbonne ? Privilégiez les petites adresses familiales de l’Alfama, de la Mouraria ou du Bairro Alto, en vous laissant guider par les menus du jour écrits à la craie et les odeurs qui s’échappent des cuisines. Évitez les restaurants affichant des rabatteurs insistants sur les grandes artères touristiques : ils misent souvent davantage sur le flux que sur la qualité.
Pour une approche plus contemporaine de la scène culinaire lisboète, les halles du Time Out Market à Cais do Sodré offrent un large choix de stands tenus par des chefs reconnus, dans un cadre industriel rénové. C’est un peu l’équivalent gastronomique d’un musée d’art moderne : un concentré de tendances, de créativité et de revisites de la tradition. Enfin, n’oubliez pas de goûter au vinho verde légèrement perlant, aux vins du Douro et à la fameuse ginjinha, liqueur de griottes servie dans de minuscules échoppes du centre historique.