Hurghada incarne aujourd’hui l’une des destinations phares de la mer Rouge, attirant chaque année des millions de visiteurs en quête de fonds marins exceptionnels, de plages bordées de palmiers et d’un ensoleillement quasi garanti toute l’année. Cette station balnéaire égyptienne a connu une transformation spectaculaire depuis les années 2000, passant d’un village de pêcheurs endormi à une métropole touristique dotée d’infrastructures modernes. Pourtant, derrière l’image carte postale se cache une réalité plus complexe : explosion démographique, disparités tarifaires marquées entre zones touristiques et quartiers populaires, défis sécuritaires ponctuels et pression croissante sur les écosystèmes marins. Comprendre les spécificités de chaque secteur, les périodes optimales de visite et les précautions indispensables permet de transformer un séjour ordinaire en expérience mémorable, tout en évitant les désillusions fréquemment rapportées par les voyageurs non préparés.
Localisation géographique et accessibilité de hurghada depuis les hubs internationaux
Située sur la côte occidentale de la mer Rouge, à environ 500 kilomètres au sud-est du Caire, Hurghada occupe une position stratégique qui en fait le point d’accès principal aux richesses sous-marines de cette région exceptionnelle. L’aéroport international de Hurghada (HRG) figure parmi les plus fréquentés d’Égypte, desservi par plus de 200 vols hebdomadaires en haute saison, reliant directement la destination à une quarantaine de villes européennes. Les compagnies aériennes low-cost et charter proposent des liaisons régulières depuis Paris, Lyon, Bruxelles, Zurich, Francfort, Milan et Londres, avec des durées de vol oscillant entre 4h30 et 5h15 selon les vents dominants.
La proximité de l’aéroport constitue un atout majeur : la plupart des hôtels situés dans les zones de Sakkala et Marina se trouvent à seulement 15-25 minutes de transfert, tandis que les complexes de Makadi Bay et Sahl Hasheesh nécessitent 30 à 45 minutes supplémentaires. Cette accessibilité facilite les séjours courts d’une semaine ou les week-ends prolongés, particulièrement prisés par les plongeurs européens. Les infrastructures routières reliant l’aéroport aux différentes zones hôtelières ont été considérablement améliorées depuis 2018, avec l’élargissement de la route côtière principale et l’installation de contrôles de sécurité réguliers le long des axes touristiques majeurs.
Pour ceux préférant une approche terrestre, des liaisons régulières en autocar relient Hurghada au Caire (environ 6 heures), Louxor (4 heures) et Marsa Alam (3 heures). Ces options terrestres permettent d’intégrer Hurghada dans un circuit culturel plus large, combinant découverte balnéaire et exploration du patrimoine pharaonique. Néanmoins, la concentration sur un séjour focalisé reste l’approche privilégiée par 78% des visiteurs selon les statistiques 2024, témoignant de l’attractivité spécifique des activités nautiques proposées.
Analyse des zones hôtelières : sakkala, el dahar, makadi bay et sahl hasheesh
Le choix du secteur d’hébergement conditionne fondamentalement l’expérience vécue à Hurghada. La ville s’étend désormais sur plus de 40 kilomètres le long du littoral, chaque zone présentant des caractéristiques distinctes
pour les voyageurs. Avant de réserver, il est donc crucial d’identifier vos priorités : immersion locale, vie nocturne animée, séjour balnéaire tout inclus ou expérience plus haut de gamme et calme.
Quartier historique d’el dahar : authenticité et infrastructure locale
El Dahar constitue le noyau historique de Hurghada. C’est ici que vous trouverez le souk traditionnel, la grande mosquée, les marchés de fruits et légumes et une vie locale encore très présente. Pour un voyageur en quête d’un Hurghada plus authentique, loin des resorts standardisés, c’est la zone à privilégier. Les hôtels y sont généralement plus anciens, souvent de catégorie 2 à 3 étoiles, avec un rapport qualité-prix intéressant mais des standards parfois en deçà des grandes chaînes balnéaires.
En contrepartie, l’infrastructure touristique est moins lisse : plages moins spectaculaires, accès à la mer parfois limité et circulation plus dense. Vous devrez souvent prendre un taxi ou un minibus pour rejoindre les clubs de plongée ou les plages privées les plus agréables. El Dahar convient particulièrement aux voyageurs indépendants, habitués à négocier, à se déplacer seuls et à sortir des circuits balisés. Si vous voyagez en famille avec de jeunes enfants, ou si vous recherchez un séjour tout compris sans souci logistique, ce quartier risque de vous paraître un peu chaotique.
Marina de hurghada et développement de sakkala
La zone de Sakkala et de la nouvelle Marina représente le visage moderne et touristique de Hurghada. Bordée de restaurants, bars, glaciers et boutiques, la Marina est devenue en quelques années le principal pôle d’animation nocturne de la station. Les hôtels qui l’entourent ciblent avant tout une clientèle internationale en formule demi-pension ou tout inclus, avec un niveau de confort globalement supérieur à El Dahar, tout en restant accessible.
Cette zone est particulièrement pratique si vous souhaitez alterner plongée, sorties en bateau et vie urbaine. De nombreux centres de plongée, excursions pour les îles Giftun ou croisières snorkeling partent directement des quais de la Marina, ce qui réduit les temps de transfert. En revanche, la plage urbaine peut décevoir ceux qui rêvent de lagons immaculés : l’environnement y est plus construit, parfois bruyant, et la densité de bateaux plus élevée. Pour un premier voyage à Hurghada axé sur les activités et la vie animée, Sakkala constitue cependant un excellent compromis.
Complexes tout-inclus de makadi bay et politique d’isolement resort
À une trentaine de kilomètres au sud de la ville, Makadi Bay concentre une succession de grands complexes tout inclus en front de mer. Ici, la logique est assumée : vous arrivez dans votre resort et vous n’en sortez quasiment plus. Plages privées soignées, récifs accessibles en snorkeling depuis les pontons, animations francophones (Club Marmara, chaînes internationales), clubs enfants et buffets à volonté structurent la vie quotidienne des vacanciers. Pour les familles ou les groupes recherchant une organisation clé en main, c’est un cadre très rassurant.
Cette politique d’isolement a toutefois un revers. Le contact avec la population locale est limité, les prix sur place sont calibrés pour le pouvoir d’achat européen et la tentation est grande de rester dans une bulle artificielle. De plus, les excursions vers le centre de Hurghada ou le désert impliquent des transferts plus longs, souvent organisés via l’hôtel à des tarifs supérieurs aux opérateurs indépendants. Il est donc important, avant de réserver un séjour à Makadi Bay, de se demander si vous privilégiez la sécurité et le confort d’un environnement contrôlé ou si vous souhaitez garder davantage de liberté de mouvement et de découverte.
Sahl hasheesh : segment premium et standards architecturaux
Encore plus au sud, Sahl Hasheesh s’est développé comme une enclave premium avec une charte architecturale stricte. Avenues bordées de palmiers, esplanades piétonnes, arcades d’inspiration néo-mauresque et hôtels 5 étoiles composent un décor pensé pour une clientèle exigeante. Les plages y sont particulièrement soignées, les récifs souvent en meilleur état qu’en zone urbaine, et l’ambiance nettement plus calme que dans le centre d’Hurghada ou à Sakkala.
En revanche, ce positionnement a un coût : les tarifs d’hébergement et de restauration sont sensiblement plus élevés, notamment en haute saison (février-avril et octobre-novembre). De plus, l’urbanisation reste incomplète dans certaines parties, donnant parfois l’impression de zones encore en construction. Sahl Hasheesh s’adresse en priorité aux couples, aux plongeurs cherchant un environnement haut de gamme et aux voyageurs souhaitant se reposer dans un cadre élégant, sans recherche particulière d’animation nocturne intense.
Quartier de magawish et positionnement intermédiaire
Entre le centre-ville et Makadi Bay, Magawish occupe une position intermédiaire, tant géographique que tarifaire. On y trouve des hôtels club de standing moyen à bon, une plage souvent plus large que dans le centre, et une atmosphère un peu moins dense que dans la zone Marina. Cette localisation est intéressante si vous souhaitez éviter les prix élevés de Sahl Hasheesh tout en restant plus proche de la ville qu’à Makadi Bay.
Les infrastructures autour des hôtels sont toutefois plus limitées : peu de restaurants ou de commerces accessibles à pied, et une dépendance accrue aux taxis ou aux navettes de l’hôtel. Magawish peut constituer une bonne base pour un séjour mixte, combinant journées au calme et quelques escapades vers Hurghada centre ou les excursions désert. Pour optimiser votre expérience, privilégiez un établissement disposant de son propre centre de plongée ou de partenariats solides avec des opérateurs reconnus.
Plongée sous-marine : sites de récifs coralliens et épaves du détroit de gubal
Hurghada est avant tout connue pour la plongée sous-marine en mer Rouge. Les eaux y sont chaudes, la visibilité excellente la majeure partie de l’année et les sites adaptés aussi bien aux débutants qu’aux plongeurs confirmés. Le détroit de Gubal, au nord, concentre plusieurs épaves mythiques accessibles à la journée ou en mini-croisière, tandis que les récifs proches des côtes offrent des plongées plus simples mais très riches en vie marine. Choisir Hurghada pour apprendre à plonger ou pour se perfectionner reste donc une option pertinente, à condition de bien sélectionner son centre.
Îles giftun et réserve marine protégée
Les îles Giftun (Giftun Kebir et Giftun Soghayer) constituent le cœur des excursions snorkeling et plongée au départ d’Hurghada. Classées réserve marine, elles abritent des récifs coralliens encore relativement préservés malgré la forte fréquentation. Les sites comme Banana Reef, Police Station ou Turtle Bay sont réputés pour leurs jardins de coraux durs, leurs bancs de poissons multicolores et la présence régulière de poissons-papillons, poissons-perroquets et murènes. Pour un premier contact avec la mer Rouge, c’est un terrain d’exploration idéal.
La contrepartie de cette popularité est la concentration de bateaux en haute saison, en particulier autour des plages très instagrammables de type « Orange Bay » ou « Paradise Island ». Pour limiter l’impact environnemental, privilégiez les opérateurs qui respectent les règles de la réserve : pas de nourrissage des poissons, interdiction de marcher sur les coraux, utilisation de bouées de mouillage plutôt que d’ancrages. Vous pouvez aussi demander des sorties plus tôt le matin ou sur des sites moins fréquentés, souvent proposés par les centres de plongée plutôt que par les simples bateaux d’excursion.
Épave du SS thistlegorm et accessibilité depuis hurghada
Le SS Thistlegorm, cargo britannique coulé en 1941, est l’une des épaves les plus célèbres au monde. Située dans le détroit de Gubal, elle est accessible depuis Hurghada sous forme de sortie longue journée (départ vers 2–3 h du matin) ou, plus confortablement, via une mini-croisière plongée. L’épave repose entre 16 et 33 mètres de profondeur et abrite encore camions, motos, munitions et matériel militaire figés dans le temps. C’est un véritable musée sous-marin, mais qui demande une bonne maîtrise de la flottabilité et une expérience préalable en plongée.
Les conditions sur le site peuvent être exigeantes, avec du courant, de la houle et parfois une visibilité réduite. C’est pourquoi la plupart des centres recommandent un niveau Advanced Open Water ou équivalent et un certain nombre de plongées loguées avant de s’y aventurer. Depuis Hurghada, le temps de navigation est d’environ 3 à 4 heures selon le bateau et les conditions, ce qui en fait une journée intense mais inoubliable. Si vous prévoyez de plonger sur le Thistlegorm, pensez à réserver en avance et à vérifier que le centre respecte des standards de sécurité stricts (briefings complets, oxygène à bord, encadrement par instructeurs certifiés).
Abu nuhas : cimetière d’épaves et conditions de visibilité
Le récif d’Abu Nuhas, souvent surnommé le « cimetière des épaves », se trouve lui aussi dans le détroit de Gubal. Son emplacement en bord d’une route maritime très fréquentée a provoqué plusieurs naufrages spectaculaires, aujourd’hui devenus des sites de plongée de premier plan : le Giannis D, le Carnatic, le Chrisoula K ou encore le Kimon M. Chacune de ces épaves présente des caractéristiques différentes (profondeur, intégrité de la structure, accès aux cales), offrant un terrain de jeu varié pour les plongeurs expérimentés.
Les conditions de visibilité à Abu Nuhas peuvent fluctuer en fonction des courants et de la météo, avec des jours à plus de 30 mètres de visi et d’autres beaucoup plus limités. C’est un peu comme un théâtre à ciel ouvert dont le rideau ne se lève pas toujours entièrement : mieux vaut anticiper cette variabilité. La plupart des sorties vers Abu Nuhas se font en mini-croisière ou via les bateaux de plongée les plus rapides au départ d’Hurghada, la navigation étant plus longue que pour les récifs côtiers. Là encore, le choix d’un centre expérimenté, habitué aux sites du détroit de Gubal, est déterminant pour profiter du potentiel de ces plongées sans surévaluer son niveau.
Récifs d’erg somaya et abu ramada pour débutants
Pour les plongeurs débutants ou ceux qui souhaitent se remettre à l’eau en douceur, les récifs d’Erg Somaya et d’Abu Ramada figurent parmi les meilleurs choix proches d’Hurghada. Abu Ramada, souvent appelé « l’aquarium », offre des pentes de corail accessibles dès 5–6 mètres, idéales pour les baptêmes et les plongées peu profondes. La faune y est dense et peu farouche : poissons-coffres, balistes, nuages d’anthias oranges et parfois tortues viennent compléter le tableau. Erg Somaya, légèrement plus exposé, convient bien aux premières plongées dérivantes encadrées.
Ces sites montrent bien pourquoi Hurghada est considérée comme une destination de choix pour apprendre la plongée en mer Rouge : profondeur modérée, peu de courant la plupart du temps et une visibilité souvent supérieure à 20 mètres. Si vous voyagez en famille, vous pouvez facilement combiner initiation pour les enfants, sorties snorkeling pour les non-plongeurs et plongées plus techniques pour les pratiquants confirmés au sein du même centre. Assurez-vous toutefois que l’école affiche clairement ses certifications (PADI, CMAS, SSI…) et que les groupes ne sont pas surchargés, un critère essentiel pour une première expérience sereine.
Tarification saisonnière et rapport qualité-prix des établissements hôteliers
Le budget d’un séjour à Hurghada varie fortement selon la période, la zone choisie et le type d’hébergement. Globalement, on observe trois grandes saisons tarifaires : la haute saison (février-avril et octobre-novembre), la très haute saison ponctuelle (Noël, Nouvel An, certaines vacances d’août pour le marché européen) et la basse saison (mai-juin et décembre hors fêtes, ainsi que janvier pour certaines clientèles). En haute saison, la combinaison climat doux + mer agréable entraîne une hausse significative des prix, parfois de 30 à 50 % par rapport à la basse saison sur les grands resorts.
Le rapport qualité-prix reste toutefois généralement favorable par rapport à d’autres destinations balnéaires long-courrier. Pour un hôtel 4 étoiles tout inclus de chaîne internationale, on trouve fréquemment des offres entre 700 et 1 000 € la semaine vols compris depuis l’Europe, en réservant plusieurs mois à l’avance. Les complexes plus premium de Sahl Hasheesh ou les hôtels de plongée spécialisés peuvent grimper au-delà de 1 500 € la semaine pour deux personnes en haute saison, mais offriront un niveau de service plus personnalisé. À l’inverse, un séjour en ville à El Dahar dans un 3 étoiles simple peut revenir à moins de 30–40 € la nuit en chambre double, hors vol.
Pour optimiser votre budget, il est utile de raisonner non seulement en prix brut, mais en coût par service réellement utilisé. Par exemple, si vous comptez passer la majorité de vos journées en excursion plongée ou dans le désert, un tout inclus très fourni en animations et restauration peut être surdimensionné. À l’inverse, si vous voyagez avec des enfants qui profiteront pleinement des clubs, piscines et buffets, la valeur ajoutée d’un resort bien équipé devient évidente. N’hésitez pas à comparer plusieurs périodes sur les moteurs de réservation et à décaler votre séjour d’une semaine : sur Hurghada, ce simple ajustement peut parfois faire baisser la facture de plusieurs centaines d’euros.
Sécurité touristique : dispositifs gouvernementaux et zones à éviter
La question de la sécurité à Hurghada revient souvent dans les témoignages de voyageurs, d’autant plus que la ville a connu une forte croissance démographique et une intensification du tourisme ces quinze dernières années. Les autorités égyptiennes ont mis en place un dispositif spécifique pour les zones balnéaires : contrôles routiers à l’entrée des villes, police touristique visible près des grands hôtels et présence renforcée aux abords de la Marina et de l’aéroport. Ces mesures visent principalement à sécuriser les flux touristiques et les axes stratégiques, mais ne garantissent pas l’absence de désagréments individuels (escroqueries, altercations, pression commerciale insistante).
Concrètement, quels comportements adopter ? D’abord, privilégier les transports organisés via votre hôtel ou via des plateformes officielles lorsque vous arrivez tard le soir ou que vous vous déplacez en famille. Ensuite, dans les supermarchés ou boutiques, refuser poliment mais fermement les pratiques de sur-facturation manifeste et exiger un prix affiché lorsque c’est possible. Les zones à la périphérie immédiate des quartiers touristiques (ruelles isolées, zones en chantier, parkings peu éclairés) sont à éviter de nuit, surtout si vous êtes seul. En cas de litige sérieux, la police touristique peut être sollicitée, mais son rôle reste parfois plus administratif que réellement protecteur, d’où l’importance de la prévention.
Dans les taxis comme dans certains services type VTC, la règle d’or est de clarifier le tarif avant le départ, même si le trajet est réservé via une application. N’hésitez pas à partager votre position en temps réel avec un proche et à refuser tout changement d’itinéraire non justifié. Il est également recommandé de garder une copie de vos documents d’identité dans le coffre-fort de l’hôtel et de ne sortir qu’avec la photocopie ou une version numérique. Enfin, gardez en tête que la majorité des séjours se déroulent sans incident majeur, mais que la densité touristique et les écarts de niveau de vie peuvent engendrer des tensions ponctuelles, comme dans de nombreuses grandes stations balnéaires du monde.
Excursions dans le désert oriental : bédouins, wadi el gemal et monastère Saint-Antoine
Le désert oriental forme l’arrière-plan minéral d’Hurghada et offre un contrepoint fascinant à l’omniprésence de la mer Rouge. Collines rocailleuses, plateaux arides, wadis (oueds secs) et pistes poussiéreuses s’étendent jusqu’aux montagnes bordant la vallée du Nil. De nombreuses excursions permettent de s’y aventurer à la demi-journée ou à la journée complète : visites de villages bédouins, safaris en quad, treks et découvertes de sites naturels protégés comme le parc de Wadi El Gemal. C’est l’occasion de diversifier votre séjour et de mieux comprendre le contexte géographique de la région.
Villages bédouins authentiques versus campements touristiques
Beaucoup de programmes vendus comme « visite de village bédouin » se révèlent en réalité être des campements construits pour les excursions, avec une dimension folklorique prononcée. Vous y verrez des démonstrations de fabrication du pain, des balades à dos de dromadaire et parfois un dîner typique au son de la musique traditionnelle. Ce type d’expérience peut rester agréable si vous en acceptez le caractère scénarisé, mais il ne faut pas le confondre avec une immersion réelle dans la culture bédouine contemporaine, souvent plus complexe et discrète.
Pour approcher des communautés vivant encore partiellement selon un mode de vie nomade ou semi-nomade, il est préférable de passer par des agences spécialisées travaillant en partenariat avec des familles locales, dans le respect de leur intimité et de leurs choix. Comme pour un musée vivant, la frontière entre découverte et intrusion est fine : poser des questions avec respect, éviter les photos sans autorisation et refuser les mises en scène dégradantes contribue à préserver un minimum d’éthique touristique. N’hésitez pas à demander en amont à votre opérateur quel est le degré d’authenticité de la visite et quelle part du prix revient aux communautés visitées.
Parc national de wadi el gemal et biodiversité endémique
À plusieurs heures de route au sud d’Hurghada, le parc national de Wadi El Gemal s’étend entre désert et littoral de la mer Rouge. Moins connu que les récifs de Giftun, il abrite pourtant une biodiversité remarquable : gazelles dorcas, oiseaux migrateurs, mangroves côtières, herbiers marins et tortues. Pour les voyageurs disposant de temps et prêts à s’éloigner des axes principaux, une excursion vers Wadi El Gemal permet de découvrir une facette plus sauvage et moins urbanisée de la région.
Sur place, certaines agences combinent randonnée légère dans le wadi, observation de la faune (avec des jumelles fournies) et pauses baignade sur des plages quasi désertes. C’est un peu l’équivalent d’un « safari minimaliste » : pas de promesse de rencontres spectaculaires à chaque détour, mais une immersion progressive dans un environnement préservé. Au-delà de l’expérience, la visite d’un parc national rappelle aussi la fragilité de ces écosystèmes face au développement touristique. Choisir des opérateurs certifiés, qui respectent les zones de nidification et limitent le nombre de participants, est un geste concret pour soutenir un tourisme plus durable.
Safari en quad : réglementations environnementales et opérateurs certifiés
Les safaris en quad dans le désert font partie des excursions les plus populaires au départ d’Hurghada. Ils offrent une dose d’adrénaline et des panoramas impressionnants, notamment au coucher du soleil. Toutefois, la multiplication des groupes et des pistes a un impact réel sur les sols fragiles et la faune locale. À l’image d’une plage trop piétinée, un désert parcouru en tous sens met des années à cicatriser. Certaines zones ont donc fait l’objet de réglementations visant à canaliser les circuits et à limiter les nuisances sonores.
Pour concilier plaisir et responsabilité, privilégiez des opérateurs qui limitent la taille des groupes, respectent les itinéraires balisés et fournissent un briefing de sécurité complet avant le départ. Le port du casque et de lunettes de protection n’est pas un luxe mais une nécessité, compte tenu de la poussière et des projections de graviers. Si vous débutez, n’hésitez pas à choisir un circuit plus court ou à deux sur un quad, afin de garder une marge de confort. Enfin, gardez à l’esprit que rouler hors piste ou déranger volontairement les animaux que vous pourriez apercevoir n’est pas seulement dangereux : c’est aussi contraire à l’esprit des réglementations environnementales mises en place dans la région.
Monastère copte de Saint-Antoine : patrimoine religieux du IVe siècle
À environ 3 heures de route au nord d’Hurghada, au pied des montagnes du désert oriental, se trouve le monastère de Saint-Antoine, considéré comme l’un des plus anciens monastères chrétiens au monde. Fondé au IVe siècle, il reste un centre vivant de la spiritualité copte et accueille encore aujourd’hui une communauté de moines. L’architecture fortifiée, les fresques anciennes et les jardins intérieurs contrastent fortement avec l’aridité du paysage environnant, offrant une expérience presque hors du temps.
La visite se fait généralement dans le cadre d’une excursion d’une journée, parfois combinée avec le monastère voisin de Saint-Paul. Sur place, un code vestimentaire modeste est requis (épaules et genoux couverts) et il convient de respecter le silence dans les zones de prière. C’est une occasion rare, lors d’un séjour balnéaire à Hurghada, de toucher du doigt l’histoire religieuse de l’Égypte chrétienne et de comprendre la place du monachisme dans la culture copte. Pour les passionnés d’histoire ou ceux qui souhaitent alterner mer Rouge et patrimoine, cette parenthèse spirituelle constitue un complément précieux aux activités plus ludiques.
Climat désertique hyperaride : périodes optimales et contraintes météorologiques
Hurghada est soumise à un climat désertique hyperaride, caractérisé par des précipitations quasi nulles, un ensoleillement très élevé et des amplitudes thermiques marquées entre le jour et la nuit. Concrètement, cela signifie que vous aurez presque la garantie d’un ciel bleu, mais aussi que la chaleur peut devenir écrasante en été, en particulier en juillet-août où les maximales dépassent fréquemment 35–38 °C. L’hiver (décembre-février) est plus doux, avec des journées agréables entre 20 et 25 °C, mais des soirées pouvant être fraîches, surtout en mer ou dans le désert.
Pour un compromis optimal entre températures de l’air et température de la mer, les mois de mars-avril et octobre-novembre sont généralement considérés comme les meilleurs. L’eau de la mer Rouge reste autour de 24–27 °C, les plongées sont confortables sans combinaison trop épaisse et les activités en extérieur restent supportables en milieu de journée. Si vous partez en plein été, il faudra adapter votre rythme en conséquence : sorties nautiques tôt le matin, retour à l’ombre ou en intérieur entre 11 h et 16 h, puis reprise des activités en fin d’après-midi. C’est un peu comme vivre à l’heure espagnole, mais avec un soleil encore plus fort.
Le vent constitue un autre paramètre à prendre en compte. Certaines journées peuvent être marquées par un vent soutenu, parfois associé au khamsin (vent chaud et sec venant du désert) au printemps. En mer, ce vent peut rendre la navigation plus agitée et réduire la visibilité sous l’eau, même si les plongeurs expérimentés apprécient souvent ces conditions plus « vivantes ». Sur terre, il accentue la déshydratation sans forcément diminuer l’indice UV, ce qui impose de maintenir une hydratation rigoureuse et l’usage de protections solaires haute protection. Quelle que soit la saison, prévoir des vêtements couvrants légers, un chapeau à large bord et des lunettes de soleil de qualité n’est pas un simple conseil : c’est une condition pour profiter pleinement de votre séjour à Hurghada sans transformer vos vacances en épreuve de résistance au soleil.