Le Citroën Jumper équipé du moteur 2.0 BlueHDi 130 représente aujourd’hui l’une des motorisations les plus populaires dans le segment des utilitaires légers et des fourgons aménagés. Commercialisé depuis 2016, ce bloc diesel de nouvelle génération remplace progressivement les anciennes mécaniques 2.2 HDi tout en promettant des consommations réduites et des émissions polluantes maîtrisées grâce à la norme Euro 6d. Avec ses 131 chevaux et surtout ses 340 Nm de couple disponibles dès 2000 tr/min, cette motorisation vise à offrir un compromis entre performances au quotidien et économies à la pompe. Mais derrière les promesses techniques, qu’en est-il réellement sur le terrain ? Entre témoignages d’utilisateurs professionnels, retours d’expérience de camping-caristes et analyses de mécaniciens spécialisés, ce moteur suscite autant d’enthousiasme que d’interrogations légitimes concernant sa fiabilité à long terme.

Fiche technique du moteur 2.0 BlueHDi 130 sur le citroën jumper

Le bloc 2.0 BlueHDi 130 qui équipe le Jumper constitue une évolution majeure dans la stratégie de motorisation du constructeur français. Développé conjointement avec PSA Peugeot Citroën, ce moteur diesel moderne affiche une cylindrée de 1997 cm³ répartie sur quatre cylindres en ligne. L’architecture à 16 soupapes et double arbre à cames en tête assure une combustion optimisée tandis que le turbocompresseur à géométrie variable garantit une réponse progressive dès les bas régimes. Cette mécanique délivre une puissance maximale de 131 chevaux à 3750 tr/min, mais c’est surtout son couple généreux de 340 Nm disponible dès 2000 tours qui fait toute la différence en utilisation quotidienne.

Caractéristiques mécaniques et architecture du bloc diesel euro 6d

L’architecture technique du 2.0 BlueHDi repose sur un bloc en fonte renforcé conçu pour supporter les contraintes importantes imposées par la suralimentation et les pressions d’injection élevées. Le système d’injection à rampe commune fonctionne à des pressions pouvant atteindre 2000 bars, permettant une pulvérisation extrêmement fine du carburant. Les injecteurs piézoélectriques assurent jusqu’à cinq injections successives par cycle pour optimiser la combustion et réduire les émissions polluantes. La chaîne de distribution, qui remplace la courroie traditionnelle, nécessite théoriquement moins d’entretien, même si certains retours d’expérience invitent à la prudence sur ce point spécifique.

Couple moteur de 340 nm et courbe de puissance réelle

Avec ses 340 Nm de couple disponibles entre 2000 et 2500 tr/min, le 2.0 BlueHDi affiche des caractéristiques particulièrement adaptées à l’usage utilitaire. Cette généreuse réserve de couple permet de maintenir une vitesse constante en montée sans rétrograder systématiquement, même avec une charge importante. Sur route, vous ressentirez cette souplesse dès 1500 tr/min, le moteur acceptant de reprendre sans broncher depuis des régimes très bas. La puissance maximale intervient relativement haut dans les tours pour un diesel, à 3

75 tr/min, mais dans la pratique, c’est bien la zone 1 800 – 3 000 tr/min qui sera la plus exploitée en conduite quotidienne. Sur un Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130 chargé, cette courbe de puissance relativement plate se traduit par des relances franches sur route nationale et une capacité à tenir le 110 km/h sans forcer. Comparé aux anciens 2.2 HDi, le moteur apparaît moins brutal à l’accélération mais plus linéaire, ce qui est appréciable pour un usage professionnel ou en camping-car. Vous pouvez ainsi enchaîner les kilomètres sans avoir à « tirer » sur le moteur, ce qui participe aussi à contenir la consommation et l’usure mécanique.

Consommation WLTP mixte et autonomie du réservoir de 90 litres

Sur le papier, Citroën annonce une consommation mixte autour de 6,2 l/100 km pour un Jumper 2.0 BlueHDi 130 en configuration fourgon tôlé L2H1, avec des valeurs qui montent logiquement dès que l’on passe sur des versions L3H2 ou L4H2 plus hautes et plus lourdes. Dans la réalité, les retours d’utilisateurs se situent davantage entre 7,5 et 9 l/100 km en usage mixte, suivant le type de trajet, la charge et le profil aérodynamique (utilitaire nu, caisse grand volume, camping-car, etc.). En conduite principalement autoroutière à 110 km/h stabilisés, il n’est pas rare de constater des valeurs proches de 8 l/100 km sur un Jumper à vide, alors qu’un fourgon aménagé dépassera plutôt les 9 l/100 km.

Grâce au réservoir de 90 litres, l’autonomie reste néanmoins l’un des points forts de ce Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130. Même en retenant une consommation réaliste de 8,5 l/100 km, vous pouvez parcourir théoriquement plus de 1 000 km avec un plein, ce qui limite les arrêts fréquents sur autoroute. Pour un artisan qui enchaîne les chantiers sur de longues distances, ou pour un camping-cariste qui traverse l’Europe, cette autonomie confortable est un vrai atout. Elle permet aussi de profiter des stations-service les moins chères en planifiant ses ravitaillements, un détail qui compte sur l’année quand on avale plusieurs dizaines de milliers de kilomètres.

Système de dépollution AdBlue et régénération du FAP

Comme tous les moteurs BlueHDi répondant à la norme Euro 6d, le 2.0 130 ch du Jumper s’appuie sur un système de dépollution complet combinant SCR avec injection d’AdBlue et filtre à particules (FAP) de nouvelle génération. L’AdBlue est injecté dans la ligne d’échappement en amont du catalyseur SCR pour transformer les oxydes d’azote (NOx) en azote et vapeur d’eau, moins nocifs pour l’environnement. La consommation d’AdBlue se situe en général entre 1 et 1,5 litre pour 1 000 km, ce qui impose un appoint tous les 8 000 à 12 000 km selon votre usage et la taille du réservoir. Citroën prévient via un message au tableau de bord quand le niveau devient critique, mais il est préférable de surveiller régulièrement pour éviter toute immobilisation.

Le FAP, quant à lui, se régénère automatiquement en roulant dès que certaines conditions sont réunies : température moteur adéquate, vitesse stabilisée et charge suffisante. En usage essentiellement urbain, ou pour un camping-car qui ne fait que de petits trajets, des régénérations incomplètes peuvent entraîner un encrassement prématuré du filtre. Il est alors conseillé d’effectuer ponctuellement un trajet de 20 à 30 minutes à régime constant autour de 2 500 tr/min pour permettre une régénération complète. En cas de défaillance du système de dépollution (capteur de pression, sonde de température, défaut AdBlue), le moteur peut se mettre en mode dégradé, d’où l’importance de ne pas ignorer les alertes au tableau de bord et de réaliser un diagnostic dès les premiers signes anormaux.

Performances routières et comportement dynamique du jumper 2.0 BlueHDi 130

Accélérations 0-100 km/h et reprises en charge à vide et en charge

Avec ses 131 ch, le Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130 n’a évidemment pas vocation à battre des records d’accélération, mais il assure des performances tout à fait suffisantes pour un utilitaire de plus de 1,9 tonne à vide. Le 0 à 100 km/h est généralement chronométré entre 15 et 17 secondes selon les versions (L1H1, L2H2, L3H2, etc.), ce qui reste comparable à la plupart des concurrents de même puissance. Là où ce bloc se montre plus convaincant, c’est sur les reprises à mi-régime : la réserve de couple de 340 Nm permet de s’insérer sans stress sur voie rapide et de relancer efficacement entre 80 et 120 km/h sans tomber deux rapports.

À vide, on apprécie la souplesse et la disponibilité du moteur, qui accepte de rouler sur le couple dès 1 500 tr/min. En charge, avec un fourgon pesant plus de 3,0 tonnes, ou un camping-car intégral proche des 3,5 tonnes, les accélérations deviennent plus mesurées, mais restent honnêtes tant qu’on utilise correctement la boîte manuelle à 6 rapports. Pour dépasser un poids lourd ou attaquer une longue rampe, il faudra toutefois anticiper et ne pas hésiter à rétrograder en 4e voire en 3e. On peut considérer que ce 2.0 BlueHDi 130 est le « cœur de gamme » idéal pour ceux qui cherchent le bon compromis entre sobriété et agrément, tout en acceptant de ne pas avoir des performances de voiture particulière.

Tenue de route sur autoroute et stabilité au vent latéral

Sur autoroute, le Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130 surprend agréablement par sa stabilité, surtout en configuration fourgon tôlé L2H2 ou L3H2. Le châssis a été optimisé au fil des années avec des suspensions avant de type jambe de force et un essieu arrière rigide bien dimensionné, permettant de contenir les mouvements de caisse. À 110-120 km/h, le comportement reste sain tant que la charge est correctement répartie et que les pneumatiques (généralement en 215/70 R15 ou 225/75 R16 selon versions) sont en bon état. Le freinage en ligne droite reste franc et rassurant, même en cas d’arrêt d’urgence avec le fourgon bien chargé.

La question du vent latéral est souvent centrale pour les utilisateurs de grands fourgons et de camping-cars. Comme tout utilitaire à la haute silhouette, le Jumper n’échappe pas aux rafales qui peuvent déporter légèrement le véhicule lors de dépassements de camions ou par météo venteuse. Néanmoins, la direction assistée relativement précise et l’empattement généreux de 3,45 m ou plus apportent une bonne stabilité. En comparaison avec certains concurrents plus anciens, le comportement est plutôt rassurant. Si vous roulez très souvent sur autoroute exposée au vent, opter pour une monte pneumatique de qualité et vérifier régulièrement la géométrie du train avant contribue à renforcer la tenue de cap.

Freinage avec système ABS et répartiteur électronique EBD

Le système de freinage du Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130 repose sur quatre freins à disque, avec ABS et répartiteur électronique de freinage (EBD) de série sur la plupart des finitions. Concrètement, l’EBD adapte la répartition du freinage entre l’avant et l’arrière en fonction de la charge et de l’adhérence, afin de réduire les risques de blocage des roues arrière sur sol glissant ou à vide. En conditions réelles, ce dispositif se traduit par des distances d’arrêt maîtrisées, que le fourgon soit quasiment vide ou au contraire proche de son poids total autorisé en charge (PTAC).

Les professionnels qui tracent beaucoup en ville apprécieront également la bonne endurance du système, même si, comme sur tout utilitaire lourd, les plaquettes et disques s’usent plus rapidement qu’une voiture compacte. Il est donc recommandé de surveiller régulièrement leur état, surtout si vous tractez ou si vous évoluez en zones montagneuses. Certaines séries ont pu connaître des couinements de freins à froid, généralement résolus par un simple nettoyage et un graissage des portées. Globalement, les retours sur le freinage du Jumper 2.0 BlueHDi 130 restent positifs, avec un ressenti de pédale progressif et facile à doser, ce qui est précieux en milieu urbain chargé en piétons et deux-roues.

Boîte de vitesses manuelle 6 rapports et transmission

Le Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130 est associé à une boîte de vitesses manuelle à 6 rapports, entraînant les roues avant. Cette transmission a été conçue pour exploiter au mieux la plage de couple du moteur, avec des premiers rapports assez courts pour faciliter les démarrages en côte ou avec une remorque, et des rapports supérieurs plus longs pour abaisser le régime sur route et autoroute. À 130 km/h, le moteur tourne généralement autour de 2 400 à 2 500 tr/min en sixième, ce qui limite le bruit et la consommation sur longs trajets. Les utilisateurs évoquent une commande de boîte plutôt ferme mais précise, typique des utilitaires de ce gabarit.

En pratique, la clé pour profiter pleinement du Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130 réside dans une bonne gestion des rapports. En ville, rester souple et ne pas hésiter à passer rapidement la quatrième permet de garder la consommation dans des valeurs raisonnables. En charge, il est préférable d’anticiper les ralentissements et les côtes afin d’éviter les changements de rapports intempestifs qui fatiguent l’embrayage. Certains propriétaires rapportent des embrayages à remplacer autour de 160 000 à 200 000 km sur des véhicules très sollicités, ce qui reste cohérent pour ce type d’usage. Un entretien régulier de la transmission (remplacement de l’huile conforme aux préconisations) contribue à la longévité de l’ensemble.

Fiabilité mécanique et problèmes récurrents du 2.0 BlueHDi

Durabilité de la chaîne de distribution et intervalles de révision

Sur le papier, la chaîne de distribution du moteur 2.0 BlueHDi 130 est annoncée comme lubrifiée à vie et ne nécessite pas de remplacement périodique, contrairement à une courroie. Cependant, les retours d’expérience sur plusieurs années montrent une réalité plus nuancée. Sur certains Jumper parcourant plus de 250 000 km, des bruits de cliquetis au démarrage à froid ont été signalés, laissant penser à un allongement de chaîne ou à une usure du tendeur hydraulique. Dans la majorité des cas, ces incidents restent minoritaires, mais ils rappellent qu’une écoute attentive des bruits anormaux et des vidanges régulières avec une huile de qualité sont essentielles pour préserver la distribution.

Les intervalles de révision recommandés pour le Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130 se situent généralement tous les 48 000 km ou 2 ans selon les fiches techniques, mais de nombreux mécaniciens préconisent de réduire cet intervalle à 25 000 – 30 000 km ou 1 an pour une utilisation intensive. Pourquoi cette prudence ? Parce que les moteurs modernes avec FAP et injection haute pression sont très sensibles à la qualité et à la viscosité de l’huile. Des intervalles trop longs peuvent favoriser l’encrassement, l’usure prématurée de la chaîne et la formation de dépôts dans le turbo et la vanne EGR. En usage urbain ou sévère, adopter une maintenance plus rapprochée est donc un investissement raisonnable pour la longévité du moteur.

Défaillances courantes du turbocompresseur et de la vanne EGR

Comme sur la plupart des diesels modernes, le turbocompresseur à géométrie variable et la vanne EGR figurent parmi les organes les plus sollicités et donc potentiellement fragiles sur le 2.0 BlueHDi 130. Les forums et retours de garages spécialisés mentionnent des cas de turbos encrassés ou grippés autour de 150 000 à 200 000 km, en particulier sur des véhicules ayant connu beaucoup de trajets urbains avec des arrêts fréquents. Les symptômes typiques sont une perte de puissance, un sifflement anormal ou un passage en mode dégradé avec voyant moteur. Un entretien préventif (respect des temps de chauffe et de refroidissement, huile adaptée, filtres à air propres) permet de réduire considérablement ces risques.

La vanne EGR, chargée de réintroduire une partie des gaz d’échappement dans l’admission pour réduire les NOx, est aussi sujette à l’encrassement. Sur le Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130, des grippages partiels ou totaux de la vanne peuvent entraîner des à-coups à l’accélération, un ralenti instable ou encore des fumées noires à l’échappement. Certains utilisateurs rapportent avoir dû remplacer la vanne autour de 120 000 – 160 000 km, surtout lorsque le véhicule roule principalement en ville. Un roulage plus fréquent sur route à régime soutenu et un entretien régulier de l’admission (nettoyage préventif) contribuent à limiter l’apparition de ces problèmes, même si le risque ne peut jamais être totalement écarté.

Pannes électroniques et capteurs de pression AdBlue

Au-delà de la mécanique pure, la gestion électronique et le système AdBlue constituent une autre source potentielle de tracas pour les propriétaires de Jumper BlueHDi. Plusieurs cas de pannes de capteurs de pression ou de niveau d’AdBlue ont été signalés, se traduisant par des messages d’alerte au tableau de bord (« défaut système antipollution », « démarrage impossible dans XXX km », etc.). Quand ces capteurs défaillent, le système peut considérer à tort que le niveau d’AdBlue est insuffisant ou que la pression est incorrecte, empêchant tout démarrage après un certain délai. Les remplacements de ces capteurs et parfois du réservoir complet ont fait l’objet de campagnes de rappel ou de prises en charge partielles selon l’âge du véhicule.

D’autres pannes électroniques plus classiques peuvent apparaître, comme des défaillances de capteurs de pression de rampe (rail), de sonde de température ou des problèmes de faisceaux électriques exposés aux intempéries sous le châssis. Dans la majorité des cas, un passage à la valise de diagnostic permet d’identifier rapidement l’organe en cause. Pour limiter ces désagréments, il est important de protéger au mieux les connecteurs, de vérifier régulièrement l’intégrité des câbles (notamment sur des véhicules de chantier) et de ne pas ignorer un voyant moteur persistant. Dans un sens, on peut voir l’électronique comme un « chef d’orchestre » très sensible : lorsqu’un de ses capteurs joue faux, tout le système se désaccorde.

Retours d’expérience sur forums et témoignages propriétaires

Les forums spécialisés Peugeot-Citroën, les groupes de camping-caristes et les retours de professionnels donnent une image contrastée mais globalement positive du Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130. D’un côté, de nombreux artisans saluent la sobriété du moteur, sa souplesse au quotidien et sa capacité à encaisser de gros kilométrages lorsque l’entretien est rigoureux. On trouve des témoignages de Jumper dépassant les 250 000 km sans problèmes majeurs, hors usure classique (embrayage, freins, amortisseurs). Les utilisateurs apprécient aussi le compromis entre puissance et coût d’assurance, le 130 ch restant raisonnable sur ce point.

De l’autre, certains propriétaires relatent des soucis plus lourds : cas isolés de casse moteur suite à rupture de bielle, défaillances de pompe haute pression ou problèmes récurrents d’AdBlue qui immobilisent le véhicule. Ces situations, souvent relatées avec émotion sur les forums, ne représentent pas la majorité mais rappellent que ce bloc n’est pas exempt de défauts. En lisant ces témoignages, il est important de replacer chaque expérience dans son contexte d’usage (kilométrage, entretien, type de parcours). Si vous envisagez l’achat d’un Jumper 2.0 BlueHDi 130 d’occasion, consulter les historiques d’entretien, demander les factures des interventions majeures et, si possible, échanger avec l’ancien propriétaire reste la meilleure façon de limiter les mauvaises surprises.

Confort de conduite et ergonomie du poste de pilotage

À bord du Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130, le conducteur retrouve une position de conduite typique des grands utilitaires : assise haute, visibilité panoramique et commandes regroupées à portée de main. Le siège conducteur, surtout en finition Confort ou supérieure, propose souvent des réglages en hauteur et un accoudoir, ce qui permet de trouver une position convenable même sur longs trajets. L’insonorisation a été améliorée par rapport aux générations plus anciennes : si le diesel reste présent, surtout à froid et en forte charge, le niveau sonore à vitesse stabilisée devient acceptable, notamment sur les modèles équipés de cloison de séparation pleine entre la cabine et la zone de chargement.

Le tableau de bord regroupe les principales commandes de manière intuitive, avec un combiné d’instrumentation clair et, sur les versions récentes, un écran multimédia central compatible Bluetooth et parfois Android Auto / Apple CarPlay selon les niveaux de finition. Pour un véhicule avant tout conçu pour travailler, l’ergonomie du Jumper est plutôt bien pensée : multiples rangements, prises 12V ou USB, espaces pour poser téléphone, tablette ou dossiers. Certains propriétaires regrettent cependant une qualité de plastiques un peu basique et une présentation qui accuse le poids des ans face aux concurrents les plus récents. Mais si vous privilégiez la fonctionnalité au style, l’ensemble reste cohérent.

En termes de confort dynamique, les suspensions absorbent correctement les irrégularités de la route une fois le véhicule légèrement chargé. À vide, l’arrière peut se montrer un peu ferme, comme souvent sur ce type d’utilitaire conçu pour supporter de lourdes charges. En configuration camping-car, avec des aménagements permanents, le comportement devient plus moelleux et agréable sur la durée. La direction assistée facilite les manœuvres en ville malgré le gabarit, même si le rayon de braquage reste important (plus de 12 m entre trottoirs selon la version). Au final, si le Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130 ne rivalise pas avec une berline moderne en confort, il se place honorablement dans sa catégorie et permet d’envisager de longs trajets sans fatigue excessive.

Rapport qualité-prix et alternatives concurrentes sur le segment utilitaire

Comparaison avec le peugeot boxer 2.0 BlueHDi 130

Le Peugeot Boxer 2.0 BlueHDi 130 partage l’essentiel de sa base technique avec le Citroën Jumper, puisqu’ils sont issus de la même plateforme PSA. Moteur, boîte, châssis, architecture de la cabine : les différences sont principalement esthétiques (calandre, logos) et concernent certains niveaux de finition ou d’équipements. Sur le plan de l’agrément de conduite, on retrouve donc des sensations très proches : même souplesse du 2.0 BlueHDi, même comportement routier sain et mêmes forces et faiblesses en termes de fiabilité. Si vous hésitez entre Jumper et Boxer, c’est souvent le réseau, les offres de financement et la disponibilité du véhicule qui feront la différence plutôt que de réelles variations techniques.

Sur le marché français, le Citroën Jumper est parfois légèrement mieux placé en prix en neuf, grâce aux campagnes de remises fréquentes destinées aux professionnels. Le Boxer peut, de son côté, bénéficier de séries spéciales mieux équipées à tarif similaire. En occasion, les deux modèles affichent des cotes très proches, mais le Jumper peut se montrer un peu plus présent en annonces, notamment dans les configurations L2H2 et L3H2 très recherchées pour l’aménagement en fourgon. Pour un acheteur qui cherche avant tout le meilleur rapport qualité-prix moteur 2.0 BlueHDi 130, l’arbitrage se fera souvent sur des critères pratiques (proximité de la concession, historique d’entretien, état général) plutôt que sur la fiche technique pure.

Face au fiat ducato 2.3 multijet 140 ch

Le concurrent le plus direct du Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130 reste sans doute le Fiat Ducato 2.3 Multijet 140 ch, très populaire lui aussi chez les professionnels et les aménageurs de camping-cars. Avec 140 ch et un couple légèrement supérieur, le moteur italien offre des performances un peu plus vigoureuses, notamment en reprise sur autoroute et en montagne. En contrepartie, la consommation peut se révéler légèrement plus élevée en conditions réelles, même si les écarts restent modérés (souvent moins de 0,5 l/100 km). Le Ducato bénéficie aussi d’une offre plus large en boîtes automatiques, ce qui peut faire pencher la balance pour certains utilisateurs intensifs ou pour les camping-caristes en quête de confort.

En termes de comportement routier, les avis sont partagés : certains préfèrent la position de conduite et la direction du Ducato, jugée plus légère, tandis que d’autres trouvent le Jumper plus stable une fois chargé. Sur le plan de la fiabilité, le bloc 2.3 Multijet a connu quelques campagnes de rappel mais jouit globalement d’une bonne réputation, tout comme le 2.0 BlueHDi 130 lorsque l’entretien est bien suivi. Les coûts d’entretien et de pièces détachées sont globalement comparables, même si le réseau Fiat Pro est parfois moins dense que le réseau Citroën sur certains territoires. Pour choisir entre ces deux modèles, l’idéal reste d’effectuer un essai routier avec les deux mécaniques, de préférence dans une configuration proche de votre usage réel (utilitaire chargé, cellule camping-car, etc.).

Positionnement tarifaire neuf et occasion sur le marché français

En neuf, le Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130 se positionne souvent dans la bonne moyenne du segment des grands utilitaires, avec des tarifs catalogue qui peuvent sembler élevés mais qui font l’objet de remises importantes pour les professionnels (artisans, flottes, loueurs). Selon les finitions (Control, Confort, Club, etc.) et les longueurs/hauteurs (L1H1 à L4H3), l’écart de prix peut être conséquent. Les versions mieux équipées (climatisation, aide au stationnement, système multimédia évolué) se revendent mieux en occasion, ce qui peut justifier un investissement initial supérieur. Sur le long terme, le rapport qualité-prix du 2.0 BlueHDi 130 reste intéressant, surtout si l’on prend en compte sa sobriété et ses intervalles d’entretien raisonnables.

Sur le marché de l’occasion en France, le Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130 est très présent, notamment sur les millésimes 2017 à 2020. Les prix varient fortement selon le kilométrage, la carrosserie (fourgon, châssis cabine, minibus, camping-car), l’état et l’historique. Un fourgon L2H2 de 4 à 5 ans avec environ 120 000 km peut ainsi se négocier entre 15 000 et 22 000 € HT selon l’équipement et l’entretien, tandis que les camping-cars basés sur ce châssis grimpent beaucoup plus haut en raison de la valeur de la cellule. Pour faire une bonne affaire, il est essentiel de vérifier les points sensibles évoqués plus haut (système AdBlue, turbo, EGR, absence de fuites, comportement au démarrage) et de privilégier les véhicules ayant bénéficié d’un entretien suivi dans le réseau ou chez un professionnel reconnu. Vous l’aurez compris : bien choisi et bien entretenu, un Citroën Jumper 2.0 BlueHDi 130 peut offrir un excellent compromis entre coût d’achat, agrément d’utilisation et fiabilité sur la durée.