La baie de Somme figure parmi les joyaux naturels les plus remarquables du littoral français. Classée Grand Site de France, cette vaste étendue estuarienne de 72 km² offre des paysages d’une beauté saisissante où se mêlent dunes mouvantes, prés-salés, mollières et villages de pêcheurs au charme authentique. Avec ses 300 espèces d’oiseaux recensées, ses colonies de phoques veaux-marins et son patrimoine architectural médiéval, la baie constitue une destination privilégiée pour les amoureux de nature et d’histoire. La variété des écosystèmes et la richesse culturelle de cette région picarde justifient amplement un séjour de cinq journées complètes pour en apprécier toutes les facettes.

Itinéraire optimal pour découvrir la baie de somme en 5 jours

L’organisation d’un séjour de cinq jours en baie de Somme requiert une planification attentive pour maximiser les découvertes sans précipitation. La première journée devrait être consacrée à Saint-Valery-sur-Somme, point de départ idéal pour s’imprégner de l’atmosphère unique de la baie. Cette cité médiévale offre non seulement un patrimoine architectural exceptionnel, mais également des panoramas spectaculaires sur l’estuaire depuis ses remparts. L’installation dans un hébergement central permet ensuite de rayonner efficacement vers les différents sites d’intérêt.

La deuxième journée peut être dédiée à l’exploration du Parc Ornithologique du Marquenterre, sanctuaire incontournable pour observer la faune aviaire dans des conditions optimales. Cette visite nécessite une demi-journée minimum, voire une journée entière pour les passionnés d’ornithologie. L’après-midi peut être consacré à la découverte du village du Crotoy, seule station balnéaire de la côte picarde orientée plein sud, offrant des couchers de soleil mémorables sur la baie.

Le troisième jour devrait inclure une excursion à la Pointe du Hourdel pour observer les phoques, idéalement organisée en fonction des horaires de marée basse. Cette sortie peut être combinée avec une traversée guidée de la baie à pied, expérience absolument unique qui permet de comprendre la dynamique des marées et la formation des paysages estuariens. La prudence impose toutefois de ne jamais s’aventurer seul dans la baie sans guide qualifié.

La quatrième journée pourrait être consacrée à la découverte de Cayeux-sur-Mer et de son impressionnant cordon de galets, puis à la visite d’Abbeville avec sa majestueuse collégiale Saint-Vulfran. Cette alternance entre sites naturels et patrimoniaux assure un équilibre agréable dans votre itinéraire. Enfin, la cinquième journée peut être réservée aux activités complémentaires : balade en train à vapeur, excursion en kayak, ou exploration des villages de charme environnants comme Rue et son beffroi classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le parc ornithologique du marquenterre : observation des espèces migratrices

Le Parc Ornithologique du Marquenterre s’étend sur 200 hectares de zones humides aménagées au cœur de la réserve naturelle nationale de la baie de Somme. Créé en 1973, ce site constitue l’une des plus importantes haltes migratoires d’Europe occidentale. Chaque année, plusieurs centaines de milliers d’oiseaux y font escale lors de leurs migrations entre l’Afrique et les rég

ions nordiques. Grâce à la mosaïque de marais, de roselières, de dunes et de pinèdes, la baie de Somme y déploie l’un de ses visages les plus sauvages. La gestion du site vise à concilier accueil du public et préservation des milieux, avec des sentiers balisés et treize postes d’observation fermés qui limitent le dérangement de la faune. Vous progressez ainsi en sécurité, tout en bénéficiant d’explications pédagogiques et de l’expertise des guides naturalistes présents sur le terrain.

Spatules blanches et avocettes élégantes : période d’observation et parcours

Les spatules blanches et les avocettes élégantes comptent parmi les espèces emblématiques du Marquenterre. Les meilleures périodes pour les observer s’étendent généralement de la mi-mars à la fin mai pour la migration prénuptiale, puis de fin août à octobre pour la migration postnuptiale. Au cœur de l’été, certaines espèces restent en halte prolongée ou tentent même la nidification, ce qui offre d’excellentes opportunités d’observation aux passionnés d’ornithologie.

Le parc propose trois circuits balisés, d’environ 2, 4,5 et 6 km, permettant d’adapter votre visite à votre condition physique et au temps dont vous disposez. Pour maximiser vos chances de voir spatules et avocettes, il est pertinent de privilégier les secteurs de vasières peu profondes et les grandes pièces d’eau centrales, où ces limicoles viennent s’alimenter. Arriver tôt le matin ou en fin de journée, lorsque la lumière est plus douce et l’activité des oiseaux plus intense, améliore aussi la qualité de votre expérience et de vos photos.

Les postes d’affût stratégiques pour photographier les limicoles

La photographie des limicoles en baie de Somme exige à la fois patience et stratégie. Au Marquenterre, plusieurs postes d’observation ont été positionnés à des endroits clés, en bordure de vasières et de lagunes, afin de vous placer au plus près des zones d’alimentation sans perturber les oiseaux. Certains affûts sont orientés plein est ou plein ouest pour tirer parti des lumières rasantes du matin et du soir, particulièrement flatteuses pour les plumages nuancés des bécasseaux, barges et chevaliers.

Si vous ciblez principalement la photographie, pensez à repérer la veille les bassins les plus fréquentés en fonction du niveau d’eau et des vents dominants. Une approche efficace consiste à rester longtemps dans 2 ou 3 observatoires plutôt que de vouloir tous les parcourir rapidement. Vous pourrez ainsi anticiper les déplacements des groupes de limicoles à mesure que la marée et la lumière évoluent. N’oubliez pas que dans cette zone humide, l’ambiance brumeuse ou les contre-jours sur les plans d’eau font parfois naître des images plus évocatrices qu’un simple portrait rapproché.

Circuit rouge versus circuit bleu : durée et accessibilité des sentiers

Pour structurer votre visite, le parc a mis en place un code couleur simple. Le circuit bleu, d’environ 2 km, est le plus accessible : il convient aux familles, aux débutants en ornithologie et à ceux qui disposent de peu de temps. Le dénivelé y est quasi nul et les sentiers, bien entretenus, restent praticables même après de fortes pluies. Plusieurs observatoires majeurs y sont déjà accessibles, ce qui en fait une excellente introduction à l’écosystème de la baie de Somme.

Le circuit rouge, plus long (autour de 6 km), s’adresse aux visiteurs souhaitant une immersion complète dans la réserve. Il demande entre 3 et 4 heures de marche tranquille, pauses d’observation comprises. Certaines portions peuvent être un peu plus boueuses en période humide, ce qui justifie le port de chaussures de randonnée imperméables. Ce tracé contourne des zones plus reculées, fréquentées par des espèces plus discrètes comme les butors ou les rapaces de marais. Si vous voyagez avec de jeunes enfants ou des personnes à mobilité réduite, il sera toutefois plus raisonnable de vous limiter au circuit bleu ou à une partie du rouge.

Matériel optique recommandé pour l’ornithologie en zone humide

Pour une visite ornithologique en baie de Somme, un équipement optique adapté fait toute la différence. Une paire de jumelles de bonne qualité, avec un grossissement de 8x ou 10x et un diamètre d’objectif d’au moins 32 mm, constitue le minimum indispensable. Un champ de vision large et une bonne luminosité vous permettront d’identifier rapidement les oiseaux en vol ou en déplacement sur les plans d’eau. Si vous ne possédez pas ce type de matériel, il est possible d’en louer à l’entrée du Parc du Marquenterre, solution pratique pour une première découverte.

Les observateurs plus expérimentés apprécieront de compléter leur équipement par une longue-vue montée sur trépied, avec un zoom de type 20–60x. Cet instrument s’avère particulièrement efficace pour distinguer les détails de plumage des limicoles éloignés ou suivre les spatules en train de se nourrir. Pensez également à emporter une housse imperméable pour vos appareils, la baie de Somme étant soumise à des conditions météorologiques changeantes. Enfin, pour la photographie, un téléobjectif d’au moins 300 mm est recommandé, idéalement stabilisé, afin de limiter le risque de flou lorsque vous cadrez faiblement éclairé ou à main levée depuis les observatoires.

Saint-valery-sur-somme et les cités médiévales picardes

Saint-Valery-sur-Somme constitue l’un des points d’ancrage historiques majeurs de la baie de Somme. Cette petite ville fortifiée, qui fut à la fois port de commerce du sel et place stratégique au Moyen Âge, a conservé une trame urbaine médiévale particulièrement lisible. Ses remparts, ses ruelles pavées et ses maisons en damier de brique et de silex témoignent de la prospérité passée de cette cité picarde. En arpentant ses différents quartiers, vous découvrez une synthèse saisissante entre patrimoine bâti et paysages estuariens, avec de superbes vues sur la baie à chaque détour.

La ville haute et les remparts de guillaume le conquérant

La ville haute de Saint-Valery-sur-Somme est le cœur historique de la cité médiévale. Dominant l’estuaire, elle est ceinte de remparts dont les origines remontent en partie au XIe siècle, époque à laquelle Guillaume le Conquérant y rassembla sa flotte avant la conquête de l’Angleterre. La porte Guillaume et les tours qui l’encadrent, restaurées mais encore impressionnantes, matérialisent ce passé militaire. Depuis le chemin de ronde, vous profitez de panoramas remarquables sur l’ensemble de la baie, particulièrement à marée basse lorsque les bancs de sable se dessinent nettement.

Une visite de la ville haute permet également de découvrir l’église Saint-Martin, remarquable par son appareil alterné de pierres sombres et claires, typique du gothique picard. À proximité, de petites ruelles fleuries descendent vers la mer et offrent des points de vue pittoresques sur les toits et l’estuaire. Pour bien appréhender l’histoire de cette cité médiévale, il peut être intéressant de réserver une visite guidée avec un conférencier local : en quelques heures, vous reliez plus aisément les traces visibles sur le terrain aux grands épisodes de l’histoire de la Normandie et de la Picardie.

Le quartier des pêcheurs le courtgain : architecture typique picarde

Au pied de la ville haute s’étend le Courtgain, ancien quartier des pêcheurs de Saint-Valery-sur-Somme. Ses petites maisons serrées les unes contre les autres, aux façades modestes mais souvent très colorées, forment un ensemble architectural homogène et plein de charme. Les ruelles étroites, plantées de roses trémières et d’hortensias, témoignent de la vie rude des familles de marins qui occupaient ces logements exigus jusqu’au milieu du XXe siècle. Aujourd’hui restauré, le quartier reste l’un des plus photogéniques de la baie de Somme.

Une balade dans le Courtgain permet de mieux comprendre l’organisation sociale traditionnelle des cités portuaires picardes, où la proximité de la mer dictait le tracé des rues et la forme des maisons. Vous pouvez prolonger la promenade en rejoignant la digue promenade bordant la Somme, d’où l’on observe le va-et-vient des marées et parfois le passage de quelques bateaux de pêche. Pourquoi ne pas en profiter pour faire une halte en terrasse et déguster un plat de poissons ou de moules de bouchot, spécialités locales qui ajoutent une dimension gourmande à votre découverte du quartier ?

Chemin de fer de la baie de somme : trajet le Crotoy-Cayeux-sur-Mer

Le chemin de fer de la Baie de Somme offre une manière originale de relier les principales localités du littoral sans reprendre la voiture. Ce réseau touristique à voie métrique, mis en service à la fin du XIXe siècle puis restauré par des passionnés, circule aujourd’hui entre Le Crotoy, Noyelles-sur-Mer, Saint-Valery-sur-Somme et Cayeux-sur-Mer. Monter à bord de l’un de ces trains à vapeur patrimoniaux, c’est un peu comme remonter le temps : l’allure modérée (25 à 35 km/h) laisse le loisir d’admirer les paysages de prés salés, de mollières et de champs bocagers qui défilent à travers les baies vitrées.

Pour un séjour de cinq jours, il peut être judicieux d’intégrer ce trajet ferroviaire à votre itinéraire, par exemple pour effectuer un aller simple entre Saint-Valery et Le Crotoy ou pour rejoindre Cayeux-sur-Mer sans contrainte de stationnement. Le trajet complet demande environ deux heures aller-retour, mais comptez davantage si vous prévoyez des arrêts et des visites intermédiaires. Les horaires variant en fonction des saisons et des jours de la semaine, il est conseillé de consulter à l’avance le planning des circulations afin d’optimiser vos correspondances avec les autres activités prévues en baie de Somme.

La chapelle des marins et le calvaire des marins : patrimoine maritime

En surplomb de la ville, la Chapelle des Marins constitue un autre lieu emblématique de Saint-Valery-sur-Somme. Édifiée au XIXe siècle sur l’emplacement d’un ancien sanctuaire, elle se distingue par sa façade en damier de silex et de grès, typique de l’architecture religieuse picarde. Cette chapelle était traditionnellement le point de ralliement des familles de marins, qui venaient prier pour la protection des équipages avant leur départ en mer. L’intérieur, sobre, abrite encore quelques ex-voto et maquettes de navires témoignant de cette piété populaire liée au monde maritime.

À proximité se dresse le calvaire des marins, qui domine la baie et offre un point de vue spectaculaire sur l’estuaire et la côte opposée. Ce lieu de mémoire rappelle les dangers de la navigation au large de la baie de Somme, où les bancs de sable mouvants ont longtemps rendu la navigation périlleuse. En vous y rendant en fin de journée, vous pourrez profiter d’une lumière particulièrement douce sur la baie, tandis que les troupeaux de moutons de prés salés regagnent les digues. Cette combinaison de patrimoine religieux et de paysage estuarien illustre bien la relation intime entre les habitants de Saint-Valery et la mer.

Les colonies de phoques veaux-marins en baie d’authie

Outre la baie de Somme proprement dite, la baie d’Authie voisine abrite l’une des plus importantes colonies de phoques veaux-marins de France. Ces mammifères marins ont trouvé dans les bancs de sable de l’estuaire un havre idéal pour se reposer, mettre bas et allaiter leurs jeunes loin du dérangement. L’observation des phoques en liberté est devenue, en quelques années, l’une des activités phare d’un séjour en baie de Somme, à condition de respecter quelques règles élémentaires de sécurité et de protection de la faune. Vous découvrez ainsi une facette plus « sauvage » de la côte picarde, où la nature reprend pleinement ses droits.

Pointe du hourdel : horaires des marées pour observer les pinnipèdes

La Pointe du Hourdel, à l’extrémité sud de la baie de Somme, est l’un des meilleurs points d’observation des phoques veaux-marins et phoques gris. Pour maximiser vos chances de les voir sur les bancs de sable, il est essentiel de caler votre visite sur les horaires de marée. En règle générale, les pinnipèdes sont visibles environ trois heures avant la basse mer et jusqu’à deux à trois heures après, lorsque les bancs découvrent suffisamment pour qu’ils puissent s’y hisser et se reposer en sécurité. En dehors de cette fenêtre, ils passent la plupart de leur temps dans l’eau à pêcher.

Avant de vous rendre au Hourdel, consultez donc le calendrier des marées de la baie de Somme, disponible en ligne ou dans les offices de tourisme locaux. Arriver en avance présente plusieurs avantages : vous avez le temps de trouver une place de stationnement, de repérer la position des bancs de sable et de vous installer à bonne distance sans stress. Gardez à l’esprit que ces horaires varient quotidiennement et que la météo peut influer sur la visibilité. Une paire de jumelles ou une longue-vue est quasi indispensable pour apprécier pleinement la scène, les animaux se tenant naturellement à bonne distance de la plage.

Excursions guidées avec découverte de la baie et promenade en baie

Si vous souhaitez approfondir votre découverte des phoques en baie de Somme, faire appel à un guide nature constitue une excellente option. Des structures locales, comme Découverte de la Baie ou Promenade en Baie, organisent des sorties encadrées à la Pointe du Hourdel ou en baie d’Authie. Ces excursions, d’une durée de deux à trois heures, combinent marche sur l’estran, explications sur l’écologie des pinnipèdes et initiation à l’observation à distance. Vous y apprenez, par exemple, à distinguer un veau-marin d’un phoque gris ou à repérer les comportements de vigilance de la colonie.

L’avantage d’une sortie guidée, au-delà de la richesse des informations fournies, réside aussi dans la sécurité. La baie de Somme est soumise à un marnage important et à des courants parfois piégeux : un guide expérimenté connaît les itinéraires à privilégier et les zones à éviter en fonction de la marée. En vous inscrivant à l’avance – surtout en haute saison – vous vous assurez également une place dans des groupes aux effectifs limités, ce qui réduit le dérangement pour les animaux et améliore la qualité de l’observation pour chacun.

Réglementation de distance d’observation des mammifères marins

L’observation des phoques en baie de Somme est encadrée par une réglementation stricte, destinée à garantir la tranquillité des animaux et leur sécurité, en particulier durant la période sensible de mise bas et de lactation (généralement de mai à août). À pied, il est recommandé de rester à au moins 300 mètres des groupes de phoques lors de la saison des naissances, et de ne jamais s’interposer entre l’eau et les animaux. En bateau, la distance minimale de sécurité est fixée à 100 à 200 mètres selon les arrêtés locaux, avec obligation de réduire la vitesse et d’éviter toute manœuvre brusque.

Outre ces contraintes de distance, il est interdit de tenter de nourrir les phoques, de les toucher ou de chercher à provoquer des réactions pour obtenir des photos spectaculaires. De la même manière, les chiens doivent être tenus en laisse, voire laissés à l’écart de la zone d’observation, afin d’éviter panique et abandon de jeunes. En respectant ces principes simples, vous contribuez à la préservation d’une colonie qui s’est reconstituée dans la région après des décennies de régression. Vous offrez aussi aux générations futures la possibilité de vivre la même expérience, dans une baie de Somme restée sauvage et accueillante.

Le crotoy et la route blanche : traversée des mollières à marée basse

Situé sur la rive nord de la baie, Le Crotoy constitue un excellent point de départ pour explorer les prés salés et les mollières qui se déploient entre la terre et la mer. Cette station balnéaire tournée plein sud, rare sur la Manche, offre une vue imprenable sur Saint-Valery-sur-Somme et sur les variations incessantes de l’estuaire. À marée basse, l’estran se découvre sur plusieurs kilomètres, laissant apparaître un vaste paysage de vasières, de chenaux et de bancs de sable. C’est alors que la traversée guidée de la baie prend tout son sens, permettant de relier Le Crotoy à Saint-Valery, ou inversement, en quelques heures de marche.

La Route Blanche, quant à elle, est une voie côtière reliant Cayeux-sur-Mer au secteur du Hourdel, longeant les dunes et les galets qui protègent la baie des assauts de la mer. Pour les randonneurs et les cyclistes, elle constitue une manière spectaculaire d’entrer dans la baie de Somme, avec d’un côté la mer et de l’autre les bas-champs pâturés par les moutons de prés salés. En combinant un trajet en train à vapeur entre Le Crotoy et Saint-Valery et un retour par la Route Blanche en voiture ou à vélo, vous obtenez une boucle particulièrement riche en contrastes paysagers.

La traversée des mollières à marée basse, que ce soit au départ du Crotoy ou de Saint-Valery, doit toujours se faire en compagnie d’un guide expérimenté. Celui-ci connaît les chenaux à franchir, les zones de vase meuble à éviter et les horaires précis à respecter pour ne pas être surpris par la marée montante. En chemin, il vous initie à la flore spécifique des prés salés (salicornes, asters maritimes, obiones) et à leur utilisation traditionnelle en cuisine locale. Munissez-vous de bottes ou de chaussures ne craignant pas la boue, d’un coupe-vent et d’un vêtement chaud, la météo pouvant changer rapidement au-dessus de la baie.

Abbeville et la collégiale Saint-Vulfran : gothique flamboyant picard

Si la baie de Somme séduit d’abord par ses paysages maritimes, un séjour de cinq jours laisse aussi le temps de découvrir Abbeville, porte d’entrée urbaine de l’estuaire. Cette ville, en grande partie reconstruite après les bombardements de 1940, conserve néanmoins quelques joyaux patrimoniaux remarquables. La collégiale Saint-Vulfran, chef-d’œuvre du gothique flamboyant picard, en est le principal exemple. Sa façade occidentale, richement sculptée, domine la place centrale et contraste avec l’urbanisme plus moderne qui l’entoure.

Édifiée à partir de la fin du XVe siècle, Saint-Vulfran se distingue par ses deux tours massives, ses portails ornés de dentelles de pierre et ses grandes baies à remplages complexes. À l’intérieur, la nef lumineuse et les chapelles latérales abritent plusieurs statues et tableaux témoignant de la ferveur religieuse et de la prospérité des corporations d’Abbeville à la Renaissance. Une visite guidée ou la lecture des panneaux explicatifs vous permettront de mieux apprécier la symbolique des sculptures et des vitraux, souvent méconnue du grand public.

Profiter d’une halte à Abbeville, c’est également l’occasion de flâner dans le jardin d’Emonville, parc paysager du XIXe siècle classé « jardin remarquable », ou de visiter le musée Boucher-de-Perthes, qui retrace l’histoire locale de la préhistoire à l’époque moderne. En combinant cette escapade patrimoniale avec vos journées en bord de mer, vous obtenez un aperçu plus complet de la richesse de la Somme, entre gothique flamboyant picard, mémoire urbaine et vastes paysages estuariens de la baie de Somme.